Législatives : Comment fonctionne le vote en ligne, accessible aux Français de l’étranger ?

Le nombre de Français vivant à l’étranger est estimé à 2,5 millions. Mais ils ne sont qu’environ 1,6 million à être inscrits au “Registre des Français établis hors de France”, et ont donc la possibilité de voter en ligne pour le premier tour des élections législatives, vendredi 27 mai à partir de midi.

Cette possibilité avait déjà été mise en place en 2012, mais a été annulée en 2017 en raison du “niveau de menace extrêmement élevé des cyberattaques”. Car évidemment voter en ligne pose des problèmes de sécurité et les experts en la matière estiment qu’à l’heure actuelle “la technologie n’est pas mature”. C’est le cas de Véronique Cortier, chercheuse CNRS au Laboratoire lorrain de recherche en informatique : ” “C’est encore un challenge de créer un système aussi sécurisé que le vote papier. On n’en est pas encore là !” Le chercheur ajoute qu’en revanche, “cette possibilité devient pertinente lorsqu’on utilise le vote par correspondance”.

Pour Jean, qui vit à Barcelone et ne sera pas chez lui pour les deux tours des législatives, il est temps d’aller aux urnes : des pays différents, c’est un non-sens, c’est vrai que le vote par délégation est une bonne alternative, mais ça veut dire trouver quelqu’un dans la circonscription en qui on a suffisamment confiance. Pas très pratique. » Jean votera donc en ligne, comme elle l’a fait en 2012.

“S’il n’y a pas de vote par internet, je ne voterai pas !”

Jean, français résident en Espagne

un franceinfo

Pour accéder au portail de vote en ligne (du 26 mai au 1er juin), Jean et tous ceux qui veulent faire comme lui doivent se rendre sur le site France Diplomatie et suivre le « parcours votant ». Ils ne pourront voter, munis de leur identifiant et de leur mot de passe, qu’après avoir déployé la liste complète des candidats dans leur circonscription. A l’issue du vote, l’électeur reçoit un e-mail lui confirmant que son bulletin a bien été enregistré par le système de vote en ligne et lui indiquant la référence de sa signature. Ce dernier certifie que l’électeur a voté en ligne.

En matière de vote en ligne, la réglementation en France est très faible. Par exemple, le prestataire n’est pas tenu de rendre public le fonctionnement du système, contrairement à la Suisse. Par contre, la nouveauté de cette année, c’est qu’il y a désormais un garde-fou. C’est une nouveauté en France : une équipe de trois personnes du CNRS a été mandatée par le ministère des Affaires étrangères pour s’assurer que le résultat annoncé correspond aux bulletins cryptés. En cela, le ministère suit une recommandation de la CNIL sur « la sécurité des systèmes de vote par Internet ».

Véronique Cortier est l’une de ces trois chercheuses. “Lorsque les électeurs votent, leur choix est envoyé sous forme cryptée au serveur car nous ne savons pas pour qui ils ont voté. Au moment du dépouillement, le résultat est annoncé et un test cryptographique est produit, qui montre que l’annonce El résultat correspond à tous les bulletins cryptés reçus S’agissant d’un test cryptographique très difficile pour le commun des mortels, notre fonction sera de vérifier que ce test cryptographique porte les garanties que les résultats annoncés correspondent à tous les bulletins cryptés fournis par le prestataire”.

Ces chercheurs du CNRS enverront alors à tous ceux qui auront voté en ligne la preuve que leur vote a bien été pris en compte.

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