Législatives : Emmanuelle Wargon, candidate du Val-de-Marne, s’affiche avec une photo de Lyon

Capture Facebook / Romain MariaMontage partagé sur Facebook par l’élu LR de Maisons-Alfort, Romain Maria

POLITIQUE – Sur le terrain, chaque détail compte. Les ténors de LREM en savent quelque chose, puisque Richard Ferrand a personnellement écrit aux candidats de la majorité présidentielle pour leur rappeler quelques règles. L’ancienne vice-ministre du Logement Emmanuelle Wargon, candidate de la 8e circonscription du Val-de-Marne, a appliqué la consigne de faire comparaître le chef de l’Etat à ses côtés.

Mais c’est un autre détail qui pourrait lui faire mal. Et pour cause, ses adversaires de droite ont remarqué un détail gênant : le paysage derrière la candidate n’est ni dans sa circonscription ni dans le département du Val-de-Marne, mais dans la ville de Lyon. .

“Faut-il comprendre par votre affiche de campagne que notre circonscription n’est pas assez attractive pour vous, au point de préférer Lyon pour votre affiche officielle ?”, s’amuse sur Facebook Romain Maria, conseiller régional LR et adjoint parlementaire du député sortant Michel Herbillon. Un concurrent qui continue d’enquêter sur les poursuites “parachutées” contre l’ancien ministre.

Une décision visiblement prise par l’entourage du candidat. “Oui, nous, la majorité présidentielle, avons pris la décision d’avoir une carte graphique unifiée et claire pour les électeurs. Nous sommes les candidats au poste de président élu Emmanuel Macron. Nous ne nions pas qui nous sommes et quel est notre objectif : accompagner le président dans son projet pour la France », déclare, en réponse à cette publication, Julien Dutartre, le directeur de campagne du candidat.

Pourtant, un regard sur d’autres affiches – au hasard, Richard Ferrand – montre qu’il n’y a pas de volonté au sein du parti macroniste d’unifier les caisses. Ce qui serait absurde, en tout cas, puisque l’élection se joue dans 577 circonscriptions, et contre-productif pour un parti accusé d’être « paria ». Quoi qu’il en soit, Emmanuelle Wargon sera là jusqu’au bout, puisque la campagne officielle a débuté ce lundi 30 mai.

Kits de campagne

C’est la première fois que l’ancien ministre se présente aux élections législatives. Alors qu’il regardait la 6e circonscription du Val-de-Marne, le macroniste s’est finalement investi dans la circonscription voisine, où Emmanuel Macron a obtenu 32,49 % des suffrages au premier tour. Mais Emmanuelle Wargon n’est pas forcément la favorite car le député LR sortant Michel Herbillon est bien installé et possède une solide expérience.

Au point d’avoir (comme d’autres LR) commodément fait tomber le logo du parti de droite sur son affiche officielle, suite au score désastreux réalisé par Valérie Pécresse à la présidentielle. Contactée par Le HuffPost, Emmanuelle Wargon déplore que ses adversaires “donnent de l’importance au fond de l’affiche au lieu de se focaliser sur le fond”.

La candidate explique avoir utilisé les kits de campagne mis à disposition par le mouvement présidentiel. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Ce n’est pas surprenant, puisqu’il n’a proposé que 19 amendements en 5 ans, et qu’il est le 532e député sur 577 au scrutin », poursuit Emmanuelle Wargon.

Détail “révélateur”.

Une défense qui fait couler son adversaire, Michel Herbillon. “C’est un détail, bien sûr, mais il ne manque pas de moyens car il est révélateur de sa conception de la circonscription, qu’il considère comme un tout indifférencié”, a déclaré LR, qui a ajouté que l’ancien ministre “malgré les scénarios alléchants qui qu’ils proposent les bords de Marne, le bois de Vincennes ou l’Ecole vétérinaire, je n’ai pas trouvé une seule photo du territoire à mettre dans votre brochure ».

Michel Herbillon, vice-président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, y voit une “incompréhension des procédures parlementaires” par l’ancien ministre et, au contraire, le signale avant son rapport. “J’ai cosigné 2.715 avenants lors de la dernière législature”, plaide-t-il, qui demande aussi la construction d’un commissariat à Maisons-Alfort.

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