Législatives en France : cinq choses à retenir du premier tour

La coalition de gauche conduite par Jean-Luc Mélenchon a fait une avancée fulgurante aux législatives de dimanche, ce qui lui a permis d’être au même niveau que le camp macroniste et avec l’espoir de priver Emmanuel Macron de la majorité absolue.

L’exploit de Mélenchon est d’imposer des duels de gauche sur le terrain de Macron dans la grande majorité des 577 circonscriptions. – EPA. Par AFP Publié le 12/06/2022 à 21:55 Temps de lecture : 3 min

Avancée de la gauche, aux côtés des macronistes, majorité absolue non garantie pour Emmanuel Macron, abstention record, le RN pointant vers un groupe et élimination de Jean-Michel Blanquer et Eric Zemmour : voici cinq choses à retenir du premier tour. des élections législatives qui se sont déroulées dimanche.

Acte d’abstention

Moins d’un électeur sur deux s’est rendu aux urnes dimanche. L’abstention au premier tour de la législature a battu un nouveau record entre 52,1% et 53,2%, selon les estimations. Il est légèrement plus fort qu’il y a cinq ans, lorsqu’il atteignait 51,3 %. Au second tour, il avait même atteint 57,36 %. Lors des élections présidentielles d’avril, on note une hausse de la participation (26,3 % d’abstention au premier tour), qui est donc de courte durée. Depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral en 2002, les électeurs peinent de plus en plus à se mobiliser pour désigner leurs députés à l’Assemblée nationale.

La gauche en tête

Réunie sous la bannière des Nupes (LFI, PCF, PS et EELV), la gauche est arrivée au coude à coude voire légèrement en tête du premier tour avec un peu plus de 25% des suffrages, face à la majorité présidentielle sortante. Le chef de file de l’alliance, Jean-Luc Mélenchon, qui avait présenté l’élection législative comme le “troisième tour de la présidentielle”, a aussitôt appelé les électeurs de gauche à “augmenter dimanche prochain” pour le second tour. Si les estimations se confirmaient, ce serait la première fois qu’un parti ayant remporté l’élection présidentielle ne l’emporterait pas au premier tour depuis le début de la Ve République.

Majorité non garantie

Les projections des instituts électoraux pour le second tour ne garantissent pas une majorité absolue de Junts !. Selon les projections, la majorité sortante se situerait dans une fourchette comprise entre au moins 255 et un maximum de 310 sièges. Oui ensemble ! n’atteint pas 289 sièges, cette confédération n’aurait qu’une majorité relative et pourrait être contrainte de chercher des alliés, par exemple du côté des républicains, qui ont obtenu environ 12 % des suffrages, soit plus du double du score. de sa candidate Valérie Pécresse au premier tour de l’élection présidentielle mais bien moins qu’en 2017 (18,7%).

Le RN s’adresse à un groupe

De retour ensemble ! et Nupes, le Rassemblement national arrive en troisième position avec environ 19 % des suffrages, en forte hausse par rapport à 2017 (13,2 %). Avec ce résultat, Marine Le Pen, qui aurait personnellement obtenu plus de la moitié des voix dans sa circonscription du Pas de Calais, espère obtenir dimanche prochain au moins les 15 députés nécessaires pour former un groupe à l’Assemblée nationale. Ce serait le premier depuis 1986.


Les grands perdants

Dans le Var, le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour, qui avait recueilli 7 % des suffrages à la présidentielle, a mordu la poussière. Il a été éliminé dès le premier tour, tout comme l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui portait les couleurs de la majorité dans la 4e circonscription du Loiret. L’ancien Premier ministre Manuel Valls, également candidat de la majorité, n’a pas approuvé le premier tour dans la 5e circonscription des Français de l’étranger, qui avaient déjà voté il y a une semaine.

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