POLITIQUE – L’intrigue peut se résumer ainsi : moi ou le chaos. En amont du second tour des législatives, Emmanuel Macron a exhorté mardi 14 juin les Français à “lui donner une solide majorité” au nom des “intérêts supérieurs de la Nation” depuis l’aéroport d’Orly où il s’est envolé pour la Roumanie et Moldavie.
“C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Dès lors, j’en appelle à votre bon sens et au saut républicain”, a-t-il déclaré sur le bitume de l’aéroport, estimant que “dimanche la République ne devrait pas manquer de voix”.
Comme on peut le voir dans la vidéo en tête d’article, le président de la République a surtout attisé la menace de “désordre” qui surviendrait, selon lui, en cas de perte de sa majorité parlementaire.
“Rien ne pourrait être pire que d’ajouter un désordre français au désordre mondial”, a-t-il prévenu, appelant à “la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité”. “Nous devons défendre nos institutions contre tous ceux qui les défient et les fragilisent”, a-t-il ajouté, paraissant s’adresser à l’opposition RN et Nupes.
“Je veux vous convaincre aujourd’hui de donner au pays une majorité solide dimanche”, a déclaré le chef de l’Etat, expliquant qu'”il a besoin d’une majorité solide pour assurer l’ordre à l’extérieur et à l’intérieur de nos frontières”.
A l’issue du premier tour des législatives, des proches d’Emmanuel Macron avaient également haussé le ton vers la coalition de gauche conduite par Jean-Luc Mélenchon, avertissant de la prétendue “anarchie” qui se profilait à l’horizon. “Ruine économique”, “hyperinflation”, “menace pour la démocratie”… Les ténors de la Macronie ont agité un tissu rouge virant à l’écarlate, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.
“Pas d’abstention, pas de confusion, plus de précision”
A Orly, Emmanuel Macron a affirmé avoir entendu “les difficultés exprimées” dimanche lorsque la majorité sortante est arrivée au coude à coude avec leurs noces devant le rassemblement national, un résultat qui ne garantit pas que le chef de l’Etat puisse compter. à la majorité absolue au cours de son second quinquennat.
“Pas d’abstention, pas de confusion, pas de clarification”, a-t-il déclaré solennellement, avant de se rendre dans une base de l’Otan en Roumanie pour saluer les 500 soldats français qui y sont déployés et effectuer une visite de soutien en Moldavie à un éventuel déplacement à Kyiv.
“Face à la crise qui va sûrement survenir, rien ne serait pire que de se perdre dans l’immobilisme, dans le blocus, dans les positions”, a déclaré le président. “Pour cela, il nous faut une majorité solide pour assurer notre indépendance”, a-t-il insisté, devant l’avion qui l’emmène pour sa première tournée dans le sud-est de l’Europe, région directement touchée par l’invasion de l’Ukraine fin février. .
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