Orque dans la Seine près de Duclair (Seine-Maritime), le 26 mai 2022. PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS
Les tentatives de sauvetage n’ont pas suffi. Malgré une première opération de sauvetage samedi 28 mai, l’épaulard en difficulté dans la Seine n’a pu être finalement secouru. La préfecture de Seine-Maritime a annoncé dimanche que le cétacé, perdu entre Le Havre et Rouen, devrait être sacrifié dans les prochains jours pour mettre fin à ses souffrances. “Le groupe de travail d’experts a conclu que la seule solution possible était d’euthanasier l’animal”, a-t-il déclaré dans un communiqué. Les modalités de l’intervention restent à déterminer.
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À l’origine de cette décision, la détérioration de la santé du cétacé. “C’est comme la chair de poule, on ne reconnaît même pas que c’est un épaulard”, explique Charlotte Curé, chercheuse en bioacoustique au Centre d’études et d’expertise risques, environnement, mobilité et développement (Cerema). Les dernières observations suggèrent que l’animal souffre de mucormycose, une maladie de peau “observée chez les mammifères marins dans diverses parties du monde, sans que les spécialistes connaissent à ce jour des cas comparables en Europe”, précise la préfecture.
Communiqué sur le suivi des orques 🐳 faiblesse constatée en Seine ⤵️ https://t.co/cpFMmCiAGO
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La maladie peut même “s’emboliser dans le sang pour atteindre les reins, les poumons, le cœur et le cerveau”. Il est actuellement impossible de déterminer si l’animal a contracté cette maladie avant ou après son arrivée dans la Seine. Cependant, il est probable que leur état se soit détérioré au contact de l’eau douce. Ce milieu, inadapté à une espèce d’eau salée, favorise la dégradation de la peau et peut provoquer des ulcères.
“Comportement désordonné”
Une opération de sauvetage de cétacés a été menée samedi, aperçus pour la première fois le 16 mai près du Havre. Une vingtaine d’experts et de volontaires ont tenté de l’attirer à l’embouchure de la Seine en émettant les sons émis par une population d’orques. Cette méthode d’intervention douce a été privilégiée pour éviter de stresser davantage le cétacé fragilisé. Un suivi visuel par drone a également été effectué et l’animal a été observé plus précisément.
“On ne peut pas s’en prendre à un animal comme ça”, a déclaré la chercheuse Charlotte Curé
“Son comportement était complètement désordonné, il allait de banque en banque, sans logique”, raconte Charlotte Curé. Les sons préenregistrés de leurs pairs dans un cadre social ou de chasse au poisson ont été joués sous l’eau, en vain. L’épaulard combattant, haut de quatre à cinq mètres et pesant plus d’une tonne, a réussi à boucler un kilomètre mais “s’use très vite et éthiquement on ne peut pas courir après un tel animal”, poursuit le chercheur, qui a mené l’intervention. Devant les réactions incohérentes et le manque de vivacité de l’animal, l’intervention a été suspendue samedi en début de soirée.
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