Les conservateurs britanniques, parti du chaos

En mai 2015, le Premier ministre conservateur David Cameron, en campagne pour sa réélection, a mis les Britanniques “Face à un choix simple et incontournable : la stabilité et un gouvernement fort avec moi, ou le chaos avec Ed Miliband”, son rival travailliste. La suite est bien connue. Il conservateurs il l’a pris. David Cameron, comme promis, a organisé un référendum l’année suivante sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne. Il l’a perdue, après une campagne maladroite qui n’a jamais trouvé la parade contre lui menée, avec de nombreux mensonges, par son rival conservateur Boris Johnson, chef de file des Brexiteers. Theresa May a déménagé au 10 Downing Street, abandonnée par le perdant. A son tour, il a renoncé prématurément, en 2019, sans parvenir à un accord de retrait avec l’UE, en raison, surtout, des entraves que lui ont imposées ceux qui cherchaient sa place : Boris Johnson. Une fois installé comme Premier ministre, il s’est engagé envers l’Europe, acceptant ce qu’il avait nié la veille, tout en gardant à l’esprit le projet de ne pas respecter le protocole nord-irlandais. .

Un tel personnage n’aurait jamais dû se retrouver à la tête du gouvernement britannique. Nous l’avons déjà écrit ici : l’intégrité et l’honnêteté sont des notions qui lui sont étrangères. Son propre intérêt est sa seule boussole. Brisé par les vagues de scandales qui déferlent depuis sa prise de fonction, Boris Johnson a finalement lâché prise jeudi. Personne à part lui ne s’en plaindra. Le mal fait sous son mandat est considérable. Son exercice du pouvoir a porté atteinte à la démocratie, à la réputation de son pays et dégradé les relations avec l’UE qui reste, malgré la séparation, le principal partenaire du Royaume-Uni.

Qui prendra le relais ? Sous quelles conditions? David Cameron avait convoqué le référendum sur l’UE dans le but d’apprivoiser l’aile eurosceptique des conservateurs. C’est aujourd’hui face à cette frange, aveuglée par un nationalisme obtus et vengeur, que celui qui veut diriger le parti conservateur doit s’engager à attendre d’être élu. Imprégné jusqu’à l’ivresse de l’idée que lui seul est digne de gouverner, le parti conservateur est, de fait, à l’origine du chaos contre lequel son ancien chef a mis en garde.

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