Le président équatorien Guillermo Lasso (à gauche), le président américain Joe Biden et le président colombien Ivan Duque (à droite) lors d’une déclaration sur l’immigration lors du 9e Sommet des Amériques à Los Angeles, Californie, le 10 juin 2022. JIM WATSON / AFP
Mieux gérer « une crise migratoire sans précédent » en partageant le fardeau : cet objectif ambitieux, traduit en quelques annonces précises, a conclu la neuvième édition du Sommet des Amériques, vendredi 10 juin à Los Angeles. Cette rencontre diplomatique devait servir à relancer les relations entre les États-Unis et les pays les plus au sud du continent, très abîmées sous Donald Trump, et peu cultivées depuis le début du mandat du président Joe Biden. Si les diagnostics sont partagés, la dynamique collective ne semble pas évidente, pas plus que la capacité de formation des Etats-Unis. Mais la crise est là, sous toutes ses formes.
Outre les convulsions en cours en Haïti et le changement climatique, près de six millions de personnes ont fui le Venezuela ces dernières années, provoquant des représailles dans les pays voisins, qui subissent soudainement une pression extraordinaire. Washington ne veut plus de ces scènes habituelles à la frontière avec le Mexique, où des milliers de personnes épuisées viennent du sud chercher asile, confrontant l’administration américaine aux contradictions de sa politique migratoire. Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont une attitude plus ambiguë : l’immigration clandestine est un outil unique de pression sur les États-Unis. De plus, la diaspora représente une source de revenus, en envoyant de l’argent à la maison.
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Publié vendredi et signé par 20 États, un texte commun non contraignant, baptisé “Déclaration de Los Angeles”, valide le principe de “responsabilité partagée”, selon les mots de Joe Biden, entre les pays d’origine et de destination finale des immigrés. Washington souligne l’importance de cette vision collective. Les États concernés se sont engagés à renforcer les contrôles aux frontières et à revoir leurs procédures d’asile. La Colombie a récemment annoncé qu’elle offrirait un statut légal à 1,7 million de Vénézuéliens.
Des voisins sud suspects
Les États-Unis, quant à eux, ont accepté d’accueillir 20 000 réfugiés latino-américains en 2023 et 2024, un effort triplé mais loin des 100 000 Ukrainiens que l’administration Biden s’est engagée à accepter dans le pays. Washington fournira également 314 millions de dollars (298 millions d’euros) d’aide humanitaire, principalement aux migrants vénézuéliens. Enfin, l’administration Biden, fortement critiquée par les républicains, a annoncé une opération de grande envergure pour combattre les réseaux de trafiquants dans plusieurs pays.
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