Le 25 mai, des militants de diverses associations pour le climat ont bloqué l’accès à la salle Pleyel à Paris, où était prévue une assemblée générale des actionnaires du groupe TotalEnergies. NICOLAS GARRIGA / AP
La salle Pleyel sonnait vide. A l’intérieur, de nombreuses rangées vides. Car, en extérieur, environ 250 militants d’associations de protection de l’environnement ont empêché la quasi-totalité des actionnaires du groupe TotalEnergies (ex-Total) d’entrer dans la salle de concert du 8e arrondissement de Paris, où la compagnie pétrolière et gazière avait convoqué son assemblée générale pour mercredi mai. A 25h du matin, le premier à se faire en présentiel depuis deux ans en raison du Covid-19.
L’opération de désobéissance civile, à l’initiative de plusieurs organisations non gouvernementales, dont Greenpeace, visait à pousser la major à mettre fin à son expansion dans les énergies fossiles et à cesser toute activité en Russie. “TotalEnergies investit dans de nombreux projets de contrôle climatique, finance les pires projets et réalise des profits records, c’est tellement cynique”, a déclaré la militante écologiste Camille Etienne, qui était présente lors du blocus. Malgré ce “danger pour le climat, la paix et les droits de l’homme”, Emmanuel Macron et le gouvernement “continuent de soutenir l’entreprise”, assure Elodie Nace, porte-parole d’Alternatiba et de l’ANV-COP21, également impliquée dans cette action.
Les militants se concentrent sur l’énorme pipeline Eacop, qui doit être construit entre l’Ouganda et la Tanzanie, et qui aurait des conséquences importantes pour l’environnement et les populations locales. Plus largement, la plus grande “développe des dizaines de projets et est impliquée dans vingt-quatre bombes à carbone”, selon l’expression utilisée par Lucie Pinson, directrice de l’ONG Reclaim Finance, pour désigner les installations qu’elles émettront plus d’un milliard de tonnes. de CO2 au cours de leur vie. Et ce, alors que l’Agence internationale de l’énergie a appelé à ne plus investir dans de nouvelles infrastructures pétrolières ou gazières, pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et respecter l’accord de Paris.
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Des militants insultés par des actionnaires
Patrick Pouyanné a déploré les émeutes qui, selon le président-directeur général du groupe, “n’auront pas permis le dialogue et l’échange”. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des actionnaires insultant des militants, avec « putain » ou « meurs et ne te fâche pas ».
Ces derniers jours, d’autres militants ont appelé les dirigeants de Crédit Agricole, Amundi, BNP Paribas, Axa et Société Générale en assemblées générales à les confronter à leur soutien à la major et à son expansion du pétrole et du gaz. “Le mouvement pour le climat se structure pour identifier les vrais coupables du chaos climatique”, explique Lucie Pinson.
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