Le président Emmanuel Macron et le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye en visite à l’école Menpenti dans le 10e arrondissement de Marseille le 2 juin 2022. LAURENCE GEAI / MYOP POUR “LE MONDE”
Et si « l’école du futur » n’avait pas que Marseille pour « laboratoire » ? Annonçant ce jeudi 2 juin, lors d’un déplacement dans la ville de Marseille, vouloir généraliser sur tout le territoire l’expérimentation d’une “école du futur”, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et son ministre de l’Education, Pap. Ndiaye, concentré sur la cinquantaine d’écoles marseillaises déjà engagées dans l’aventure. Et plus précisément à l’école Menpenti, district 10, où la délégation officielle est venue saluer un projet axé sur les mathématiques.
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Laisser les écoles volontaires innover en finançant leurs projets (autour des sciences mais aussi de la culture, de l’environnement ou des langues) n’est pas, à ce stade, le seul point débattu au sein de la communauté éducative qui exhorte à dénoncer le risque de “rupture d’égalité”. » et une ‘école à plusieurs vitesses’. M. Macron les a qualifiées jeudi de « profond changement de modèle », redouté chez les enseignants, au-delà des milieux syndicaux, qui ont dénoncé « des méthodes libérales inspirées du monde de l’entreprise ».
“Repenser les mécanismes d’allocation”
Cependant, l’idée de “recrutement interne” n’est pas entièrement nouvelle. Dans l’enseignement privé conventionné avec l’État, les chefs d’établissement ont le droit de contrôler la composition de leur équipe, et d’accroître leur autonomie dans l’élaboration de leur projet. “L’école du futur est exactement notre modèle”, a déclaré jeudi un directeur d’un institut catholique à Marseille.
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Mais en public ? Le projet est dans les tiroirs de la rue de Grenelle depuis les années Sarkozy. Depuis qu’il est devenu directeur général de l’Enseignement scolaire aux côtés du ministre Luc Chatel, Jean-Michel Blanquer l’a également défendu pour l’éducation prioritaire. Et même concrètement, à petite échelle : en 2011-2012, dans le cadre du programme Écoles, instituts et instituts pour l’ambition, l’innovation et la réussite (Eclair), environ 300 écoles et instituts ont vu C’est ainsi que publie le responsable de l’établissement « fiches de poste », donne un avis sur les candidatures, mène des entretiens d’embauche… Les emplois ont trouvé des occupants, beaucoup sont restés vacants.
Cela n’a pas empêché M. Blanquer de reprendre l’idée dans son livre programmatique, L’école de demain (Odile Jacob), signé en 2016, un an avant sa nomination au ministère de l’Éducation. « Il faut repenser les mécanismes d’affectation et de circulation qui constituent l’un des grands freins à la transformation du système éducatif », argumentait-il à l’époque, dans un chapitre sur « la carrière des enseignants », qui fut directeur de la Seca. Un peu plus loin, il écrit : « Comme pour l’enseignement privé conventionné, le concours pourrait être une autorisation d’enseigner, le recrutement est du ressort des responsables des établissements qui publieront les appels pour répondre aux besoins. . Cela rejoint l’idée des postes « profils » qui sont proposés chaque année pour le recrutement des recteurs (en classes européennes, classes préparatoires, etc.). Leur nombre a “légèrement augmenté” en dix ans, écrivait la Cour des comptes en 2017, jugeant “l’outil sous-utilisé”.
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