Nous avions peur de lui. Ça arrive. A partir de 20 heures ce vendredi soir, les patients se présentant aux urgences de la polyclinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer trouveront porte fermée.
Peut-être même un peu plus tôt, comme cette dame qui est arrivée pour une douleur au pied vers 19h et qui est repartie quelques minutes plus tard sans pouvoir être soignée. “C’est fermé, on m’a dit que j’allais à Antibes ou Saint-Laurent-du-Var mais je ne suis pas d’ici”, a-t-il dit.
Le Samu et le SDIS ont déjà reçu des instructions de l’ARS pour orienter les patients vers les urgences de l’hôpital d’Antibes, donc, et vers celles de l’institut Arnault-Tzanck voisin.
Situation inédite
Le département des Alpes Maritimes, connu jusqu’ici pour sa démographie médicale supérieure à la moyenne nationale, du moins sur le littoral, a vu un premier établissement fermer son service d’urgence faute de personnel. Sur les traces d’autres comtés, déjà en grande difficulté.
Dans ce cas précis, c’est l’absence pour “motif impérieux” d’un médecin urgentiste “diplômé et qualifié”, comme l’exige la loi, qui aura suffi à contraindre le service à baisser le rideau.
“Il n’y a pas de médecin de nuit”, entendait-on en fin de journée. Une fermeture temporaire, nous assurent-ils, car l’activité doit reprendre le samedi matin à 8h, avec le personnel de jour.
Continuité des soins « assurée »
“La continuité des soins est assurée dans les usines. Et la maternité fonctionne toujours, bien sûr”, précise un membre du staff médical.
En fait, personne n’est vraiment calme. La pénurie d’urgentologues dans les services hospitaliers, entretenue par la concurrence des centres de soins à horaire prolongé qui leur proposent de “gagner beaucoup plus en travaillant moins”, s’est encore aggravée cet été.
Et il n’y a pas de levier juridique pour sortir de cette situation qui pousse Urgences contre le mur. Qui pour les sauver ? Et avec eux sauver la vie des patients?