“Les urgences ne peuvent plus être un open bar”, selon le patron du Samu

NurPhoto via Getty Images Une infirmière gréviste dit son épuisement lors d’une grève le 7 juin 2022.

URGENCES – La situation est insoutenable. Mandaté par Emmanuel Macron en “mission flash” sur les soins non programmés, le président de l’Association Samu-Urgences de France, François Braun, a déclaré jeudi 9 juin que les urgences “ne peuvent plus être ‘barre ouverte'”.

D’un côté, plus de 21 millions de passages aux urgences (en 2019), soit le double en vingt ans. En revanche, 120 services ont été contraints de réduire leur profil aérodynamique cet été faute de soignants, selon le Samu-Urgences de France.

Pour son président, l’équation est difficile. “Les urgences ne peuvent plus être un bar ouvert, on ne peut plus tout servir”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au Congrès des urgences, qui se tient à Paris jusqu’à vendredi.

La veille, Brigitte Bourguignon était venue annoncer des “premiers pas” pour surmonter un “été difficile” à l’hôpital : heures supplémentaires rémunérées au double, étudiants infirmiers employables “immédiatement”, emploi combiné et retraite “facilitée” par aux soignants.

Le nécessaire « triage » des patients

La ministre de la Santé avait prévenu au passage qu'”elle n’acceptera pas que les Français soient amenés à croire que partout le système s’effondre”. Mais pour François Braun, il faut aussi “arrêter de prétendre qu’on peut avoir des services d’urgence ouverts 24h/24, 7j/7 partout”.

Même s’il s’agit de filtrer l’accès aux urgences via le Samu, via un appel pré-15, comme certains hôpitaux ont dû le faire récemment. Plus précisément à Cherbourg, où M. Macron s’est rendu la semaine dernière et où “ça marche, il n’y a pas de perte de chance” pour les malades, a indiqué le médecin urgentiste.

Selon lui, un “principe de classement” s’impose “soit par la régulation téléphonique”, soit à l’entrée “des urgences, pour traiter en priorité les urgences vitales et rediriger les autres patients vers des médecins de garde, soit des rendez-vous sur rendez-vous, selon lui. .

M. Braun n’a toutefois pas précisé si cette piste ferait partie des découvertes de sa “mission éclair”, prévue le 1er juillet.

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