Emmanuel Macron a bâti une partie de sa réélection le 24 avril sur une promesse d’ériger la France en “grande nation verte”, qui serait “la première à sortir du gaz, du pétrole et du charbon”. “La politique que je mènerai dans les cinq prochaines années sera écologique ou ne sera pas”, a projeté le chef de l’Etat lors d’un discours à Marseille, à quelques jours du second tour de la présidentielle, avec l’objectif affiché pour attirer l’électorat de gauche. Un engagement difficile à traduire en actes, quatre mois plus tard.
La défense de l’environnement, déplorent les écologistes, c’était justement la grande absence des discussions sur le pouvoir d’achat, en juillet, au Parlement. Pire encore, en prévision d’un hiver menacé par l’éventuel arrêt des approvisionnements en gaz par la Russie, le gouvernement a autorisé la réouverture de la centrale au charbon de Saint-Avold (Moselle) ; M. Macron avait cependant promis de fermer, d’ici mai 2022, les quatre centrales électriques au charbon françaises au nom de la préservation du climat – seules deux ont finalement été fermées.
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Parallèlement, l’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre (Seine-Maritime) a été approuvée. Les écologistes craignent que ce dernier ne soit utilisé pour importer du gaz de schiste des États-Unis. Autant d’options qui alimentent l’évidence inquiétante de “l’inaction climatique” que subissent les pouvoirs en place depuis cinq ans.
Séminaire gouvernemental
Au lieu de mener “un important plan d’action” en faveur de la sobriété énergétique, “le gouvernement préfère nous appeler Amish et soutenir le gaz de schiste”, a dénoncé le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou.
“Nous importons déjà du gaz de schiste”, a répondu la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, car “la fracturation hydraulique est utilisée aujourd’hui dans la plupart des gisements terrestres dans le monde, y compris en Russie, dans un autre endroit”. “Les mêmes personnes nous reprocheraient de ne pas avoir tout fait pour éviter un black-out l’hiver prochain”, s’agace un proche d’Emmanuel Macron.
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L’exécutif sait ce qui est attendu en ce début d’année. L’été caniculaire, symbole du dérèglement climatique, avec des sécheresses à répétition, a alimenté les discussions des Français. “Le gouvernement est enfermé dans un logiciel qui menace les conditions mêmes d’existence”, prévient l’eurodéputé EELV Yannick Jadot dans Le Journal du dimanche.
Face aux critiques, la première ministre Elisabeth Borne devait prononcer une allocution lors des universités d’été du Medef le 29 août, invitant les chefs d’entreprise à “participer avec sobriété énergétique”, selon les mots d’un conseiller de l’exécutif, et “à voir les la transition écologique comme source de progrès ». Deux jours plus tard, la question sera au centre d’un séminaire gouvernemental. Le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a notamment évoqué l’idée d’encadrer les vols en jet privé.
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