L’impossible retraite de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon accompagne les nouveaux députés LFI à l’Assemblée nationale à Paris le 21 juin 2022. JULIEN MUGUET POUR “LE MONDE”

Jean-Luc Mélenchon avait dit à tout le monde, au lendemain des législatives, de ne pas s’inquiéter. Il a dit qu’il avait assez “d’imagination” pour trouver une nouvelle “position de combat” à partir de laquelle continuer le combat. L’ancien candidat à la présidentielle, toujours favorable à Matignon, n’en a pas choisi qu’un : dans les couloirs de l’Assemblée nationale, sur les plateaux de télévision ou au 87 rue du Faubourg-Saint-Denis, siège du Parti des Indépendants ( POI), il est partout.

Le 12 juillet, il s’envolera pour l’Amérique latine, principalement à l’invitation du nouveau président colombien, Gustavo Petro, mais aussi pour le Mexique et le Honduras. A quelques semaines de Paris… Mais en aucun cas une retraite. Les “rebelles” qui espéraient vivre sans lui ont tranché : le fondateur de La France insoumise (LFI) est toujours là. Et, longtemps, ils répondront aux questions sur la position du leader de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).

Comme ce mardi 28 juin, à l’entrée du 101, rue de l’Université. L’alliance de gauche pacte ses candidats aux commissions. Petite affluence à la sortie. Les questions des journalistes ne concernent que Jean-Luc Mélenchon. Clémentine Autain roule des yeux. “Laissez-le tranquille”, lance son ancien directeur de campagne, Manuel Bompard. « Tranquille », aspire à être Jean-Luc Mélenchon ? S’il disait, le 19 juin, le “besoin de se replonger”, le sentiment d’avoir “habité trop loin de tout”, perpétue aussi sa domination.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Après les législatives, le Nupes peine à rester groupé

Rappel de ligne

Mardi 5 juillet, depuis le siège de l’ex-Parti des travailleurs, il a pris la parole. La conférence de presse est devenue une simple conférence, le gros de la salle étant composé de ses followers. Sur le parquet, les députés LFI. Adrien Quatennens et Clémence Guetté au premier rang, François Ruffin un peu plus loin. Le député du jour est Jérôme Legavre, élu de la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis et faisant partie du POI. Ce soir, c’est lui qui reçoit. Jean-Luc Mélenchon le salue et « remercie le POI qui sort de sa mutation de banalisation, il n’est plus considéré comme une organisation secrète et mystérieuse, pour avoir donné cette chambre si gentiment. »

Une semaine plus tôt, le bureau national du parti trotskyste avait voté à l’unanimité pour une contribution. Critique de Fabien Roussel (les “communistes” n’ont-ils pas “sauvé de Gaulle et le régime” participant au gouvernement en 1945 ?), salue en revanche les “propositions” de Jean-Luc Mélenchon. . « Même dans le cadre de l’Assemblée nationale, [elles] avoir un sentiment de respect pour 22% du premier tour et cette envie de casser. Dès lors, ils favorisent l’accentuation de la crise ouverte des institutions », peut-on lire. A 87 ans, Jean-Luc Mélenchon est déjà chez lui.

Il vous reste 63,59% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *