Cette hausse des prix devrait peser sur le pouvoir d’achat des Français, dont la baisse est estimée à 1 % en 2022.
Contrairement à la précédente élection présidentielle, la réélection d’Emmanuel Macron à l’Elysée n’a pas cette fois redonné un coup de fouet à la confiance des ménages qui reste « fragilisée », note l’Insee, qui a publié ce vendredi ses prévisions pour 2022. Face au choc de la guerre en Ukraine après deux ans de crise du coronavirus, qui pèse déjà sur l’économie tricolore, le tableau est vraiment sombre, avec une croissance estimée à seulement 2,3% cette année. Il est vrai que les économistes écartent désormais tout risque de récession. Mais, “ce rythme est en deçà de ce à quoi on devrait s’attendre dans une phase de reprise”, note Julien Pouget, chef du département des affaires économiques de l’Insee.
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L’inflation persistante, qui s’étend désormais à d’autres secteurs que celui de l’énergie, devrait s’établir à 5,5 % en moyenne au cours de l’année, avec une hausse de 6,8 % en septembre de l’année. Cette hausse des prix devrait donc peser sur le pouvoir d’achat des Français, dont la baisse est estimée à 1 % en 2022 par l’Insee. “La précédente baisse marquée du pouvoir d’achat remontait à 2013, où il était tombé à 1,2%”, précise l’Insee. Ce qui explique une hausse très modeste de la consommation à 2,3% après la forte hausse de 5,2% en 2021.
Support public
Pourtant, les prévisions pour cette année en termes de pouvoir d’achat auraient pu être encore pires sans les mesures de soutien public déjà enregistrées ou annoncées par l’exécutif et s’élevant à des milliards d’euros. D’une part, le bouclier tarifaire des prix de l’électricité et du gaz ainsi que la baisse de la pompe ont sans doute contribué jusqu’ici à atténuer l’explosion inflationniste. Observée à 5,2 % en mai depuis un an, la hausse des prix aurait pu atteindre, autrement dit, plus de 7 %, rappelle l’Insee.
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Notamment du côté des revenus des ménages, qui remonteraient fortement à 4,1 % sur un an après 4 % en 2021. Dans le détail, alors que le revenu disponible brut a fortement baissé au premier trimestre, il se redresserait entre avril et juin, soutenu par les salaires. augmente. Et, pour le second semestre, cette progression serait alors “très dynamique” à partir “en accord avec les annonces publiques disponibles sur les mesures de soutien au pouvoir d’achat”, précise l’Insee. L’institut intègre en effet dans son scénario le paquet pouvoir d’achat qui devrait être présenté en conseil des ministres le 6 juillet et qui comprend notamment le renouvellement de la prime exceptionnelle Macron, la revalorisation de 4% des retraites et minima sociaux ou même. celui du point d’indice pour les fonctionnaires. Sans ce forfait, les revenus et donc le pouvoir d’achat seraient en baisse sur l’ensemble de l’année, insiste l’Institut.
Il reste que ces prévisions restent d’autant plus incertaines que le séisme des législatives ne confère qu’une majorité relative au camp Macron et rebat alors complètement les cartes. Et nul doute que l’adoption de ce paquet pouvoir d’achat risque de devenir rapidement une foire d’empoigne au Parlement.
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