L’OMS approuve une réforme historique du financement

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, à l’Assemblée mondiale de la santé à Genève, Suisse, le 22 mai 2022. JEAN-GUY PYTHON / AFP

“C’est un tournant historique”, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mardi 24 mai, lors de l’Assemblée mondiale de la santé, les États membres de l’agence onusienne basée à Genève ont adopté une réforme tant attendue du financement de l’organisation. La part du budget financée par les États membres passera de 16 % à 50 % d’ici 2028, ce qui devrait permettre à l’OMS de retrouver une partie de son indépendance. Cette réforme était l’une des cinq priorités identifiées par le Dr. Tedros “pour le monde et pour l’OMS” le 24 janvier : renforcer le rôle de l’OMS “au cœur de l’architecture sanitaire mondiale” pour la rendre “plus efficace et efficiente”.

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En fait, il était urgent que les États membres reprennent le contrôle de leurs budgets. Depuis le mandat de Gro Harlem Brundtland à la tête de l’OMS entre 1998 et 2003, les fonds privés ont joué un rôle de plus en plus important dans le financement de l’agence. L’ancienne directrice est connue pour son appel à « toucher le secteur privé » lors de sa première Assemblée mondiale. Un geste présenté à l’époque comme une nécessité, les États membres ne donnant pas assez d’argent, mais interprété par de nombreux observateurs comme un tournant libéral dans la politique de l’OMS.

Contributions volontaires

En conséquence, seuls 16 % de l’exercice biennal 2022-2023 sont complétés par des contributions obligatoires des États membres, fixées d’année en année en fonction des ressources individuelles. Néanmoins, ils restent une source essentielle de financement pour l’organisation, notamment pour leur prévisibilité, puisque leur montant est fixé tous les deux ans par l’Assemblée mondiale de la santé. La réforme fera passer le niveau de ces cotisations de 956,9 milliards à 2,2 milliards de dollars d’ici 2028. Un gain non négligeable si l’on considère que le budget total actuel n’est que de 6,1 milliards de dollars (environ 5,7 milliards d’euros). En comparaison, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est de 7,8 milliards d’euros.

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L’essentiel du budget (84%) provient de contributions dites “volontaires”. Ceux-ci peuvent provenir d’États qui décident de fournir plus d’argent que leurs contributions requises ne l’exigent. Le Royaume-Uni, notamment, a fourni 135 millions de contributions volontaires au cours de l’exercice 2020-2021, en plus de sa contribution obligatoire de 49 millions, dépassant ainsi la participation chinoise. Ce complément aux apports permet de renforcer le jeu d’influence au sein de l’organisation.

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