Londres : des traces d’une forme de poliomyélite retrouvées dans les eaux de la capitale d’Angleterre

Des traces de poliomyélite provenant d’une souche vaccinale ont été trouvées dans des échantillons d’eaux usées prélevés dans une station d’épuration de Londres, ont annoncé mercredi l’Organisation mondiale de la santé et les autorités britanniques.

“Il est important de noter que le virus n’a été isolé qu’à partir d’échantillons environnementaux ; aucun cas associé de paralysie n’a été détecté”, a déclaré l’OMS dans un communiqué.

Surveillance renforcée

L’OMS considère qu’il “est important que tous les pays, en particulier ceux qui ont un volume élevé de voyages et de contacts avec des pays et des zones touchés par la poliomyélite, intensifient la surveillance pour détecter rapidement toute nouvelle importation de virus et faciliter une réponse rapide”.

Selon l’OMS, “toute forme de poliovirus, où qu’elle se trouve, constitue une menace pour les enfants du monde entier”. Le poliovirus sauvage est la forme la plus connue de poliovirus.

Il existe une autre forme de poliovirus qui peut se propager dans les communautés : le poliovirus circulant dérivé d’un vaccin, ou cVDPV. Bien que les PVDVc soient rares, ils sont devenus plus courants ces dernières années en raison des faibles taux de vaccination dans certaines communautés.

Une station d’épuration

Les poliovirus circulants dérivés du vaccin de type 2 (cVDPV2) sont les plus courants, selon l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, un partenariat public-privé dirigé par les gouvernements nationaux avec six partenaires principaux, dont l’OMS.

L’Agence britannique de la santé a indiqué mercredi que les “isolats” avaient été trouvés “dans de multiples échantillons d’eaux usées extraites d’une station d’épuration de Londres entre février et juin. Cette station couvre une vaste zone au nord et à l’est de la capitale britannique, qui compte près de 4 millions d’habitants.

Ces dernières années, une moyenne de 1 à 3 isolats de poliovirus par an ont été détectés dans des échantillons d’eaux usées au Royaume-Uni. Mais ces isolats n’avaient rien à voir les uns avec les autres. En l’espèce, selon l’agence britannique de sécurité sanitaire, “les isolats (…) sont génétiquement liés”, ce qui oblige à étudier la transmission de ce virus dans le nord-est de Londres.

Plus de VPO depuis 2004

Selon les autorités britanniques, le scénario le plus probable est qu’une personne nouvellement vaccinée entre au Royaume-Uni avant février en provenance d’un pays où le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) a été utilisé dans des campagnes de vaccination.

Bien que le Royaume-Uni ait cessé d’utiliser le VPO en 2004, plusieurs pays, dont le Pakistan, l’Afghanistan et le Nigéria, ont continué à utiliser des VPO contenant des virus de type 2 pour contrôler les épidémies.

La poliomyélite est une maladie très contagieuse qui envahit le système nerveux et peut provoquer une paralysie permanente.

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