Laurent KOFFEL via Getty Images Sand Van Roy, ici en mai 2019 à Cannes, dénonce la décision du tribunal qui a classé sans suite l’affaire suite à son allégation de viol contre Luc Besson.
JUSTICE – « Ne vous plaignez pas. Surtout pas le jour des faits. Surtout pas contre Luc Besson. C’est. Je comprends cela.» Quelques heures après la confirmation du non-lieu en appel dans le cadre d’allégations de viol contre le réalisateur Luc Besson, son accusatrice Sand Van Roy a exprimé sa déception ce mardi 24 mai.
Dans une lettre publiée sur son compte Twitter, l’actrice est revenue sur toute la procédure entamée le jour de son viol présumé, le 18 mai 2018, lorsqu’elle a porté plainte. Elle y décrit notamment ses bleus à l’œil, ses blessures au dos et une blessure anale, alors que le réalisateur a toujours réclamé un coït vaginal consensuel.
Après qu’un classement sans suite ait pu caractériser l’infraction, “un juge d’instruction indépendant a choisi de rouvrir le dossier” mais l’a “rapidement remplacé par un autre”, rapporte Sand Van Roy. “Le juge d’instruction Noiriel a refusé de m’écouter. (…) Ce magistrat va mentir et dire par exemple que j’avais ‘passé la nuit avec Luc Besson’. Il se trompe. Il osera même dire que ‘blessure anale Jamais existé’ “.
Sand Van Roy convoque alors un magistrat qui l’empêche de dénoncer ces fausses déclarations. Plutôt que d’en tenir compte, le magistrat aurait félicité “le juge d’instruction pour avoir fait une analyse pertinente du dossier”, déplore le plaignant. C’est ce magistrat qui a présidé l’audience d’appel du non-lieu le 19 avril, qui a abouti à la confirmation du non-lieu mardi.
Cas iconique de l’ère #MeToo
“Nous avons présenté l’expérience devant la salle d’audience lorsque nous avons contesté le non-lieu. Le non-lieu est toujours confirmé. L’expertise est tout simplement inexistante dans la peine”, a-t-il déclaré.
Le Belgo-Néerlandais conclut amèrement : « Vous vous fichez des tests physiques et de l’expérience. Vous ne vous souciez pas de l’agresseur. Tu m’as humilié, tu m’as calomnié, tu m’as blessé à vie. Aujourd’hui tu as fait pleurer ma mère et je ne le pardonnerai jamais à ton pays. Tu as réussi à détruire tout ce que j’aime. Je quitte mes études de droit parce que je ne crois plus à la justice ».
Suite au prononcé de la peine, ses avocats ont annoncé avoir “déposé un pourvoi en cassation”. Pour eux, « ce comportement de la justice a peu de chances de réconforter les femmes dans un procès ».
Ce fichier est l’un des plus emblématiques de l’ère #MeToo. Suite à cette première plainte, l’actrice en a déposé une autre pour d’autres viols et agressions sexuelles commis entre 2016 et 2018, épisodes d’une “relation d’influence professionnelle” sous menaces de “représailles pour sa carrière d’actrice”.
Au tribunal, au moins trois femmes ont évoqué des faits allant de “baisers dans le cou” à “tentative de viol”, contestés par Luc Besson. D’autres femmes avaient témoigné comparable à Mediapart.
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