SOPA Images via Getty Images UFC-Que Choisir a porté plainte contre Back Market pour “pratiques commerciales trompeuses” le 15 juin 2022.
JUSTICE – Une réussite économique française sous les projecteurs de l’UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs va porter plainte ce mercredi 15 juin contre la start-up Back Market, spécialisée dans la revente d’articles électroniques reconditionnés, l’accusant de “nombreuses violations du droit de la consommation”, selon un communiqué.
La plainte pour “pratiques commerciales trompeuses” doit être déposée auprès du Tribunal de Paris, explique l’UFC-Que Choisir. Ce dernier explique que “pour promouvoir l’économie circulaire, il faut encore respecter les droits fondamentaux des consommateurs”.
L’UFC-Que Choisir, pour qui “les prix (sont) trop beaux pour être vrais”, reproche diverses pratiques à l’entreprise française. Par exemple, on lui reproche de faire croire aux clients qu’ils font une bonne affaire en affichant le prix de vente du produit reconditionné à côté du prix du produit neuf, alors que le produit neuf n’est pas vendu sur place. “Il ne s’agit pas de promotions”, précise l’association.
Frais de SAV et de garantie également dans le viseur UFC-Que Choisir
Il dénonce également des « frais de service » qui sont systématiquement facturés aux consommateurs, pouvant atteindre 5,99 euros, et qui n’apparaissent que « dans la phase de paiement ».
Enfin, “Back Market offre aux consommateurs une garantie contractuelle de 12 mois, ce qui laisse présager un avantage considérable offert par l’entreprise”, alors qu’en réalité cette garantie est imposée par la loi, mais a surtout une durée de 24 mois, y compris les produits reconditionnés”.
Autre plainte adressée au site, la réglementation des cookies, ces fichiers qui enregistrent vos passages et vos préférences sur un site internet. “Notre équipe d’avocats a vérifié que des cookies de suivi étaient déposés alors même que l’internaute les avait refusés”, note l’UFC-Que Choisir.
L’association de défense des consommateurs précise qu’il s’agit “de la première plainte en Europe d’une association de consommateurs contre le géant réformé”, bien qu’elle ait déjà été pointée du doigt par d’autres associations, comme VZBV en Allemagne.
Back Market parmi les rares licornes françaises
Et le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot, d’expliquer que l’association “veut que la ‘licorne du reconditionné’ continue à mettre des paillettes dans la vie des consommateurs, sans que leur communication ne soit que de la poussière dans les yeux.”
La start-up Back Market, créée en 2014, s’est consolidée depuis sa création comme le lieu incontournable de l’électronique réformée, un secteur en plein essor, porté par le discours écologique qui défend la réduction de l’impact environnemental des produits électroniques.
En janvier dernier, il avait annoncé avoir levé 450 millions d’euros, un tour de table qui l’a ensuite propulsé, avec une capitalisation de 5,1 milliards d’euros, sur le podium des licornes françaises. Elle comptait alors plus de 650 salariés et prévoyait d’en embaucher 400 en 2022.
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