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Un champ de blé dans une ferme de la région d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine, le 22 mai 2022, 88e jour de l’invasion russe de l’Ukraine. GÉNIA SAVILOV / AFP
Appelés au secours par l’Afrique, les Européens multiplient les efforts pour débloquer les stocks de céréales bloqués en Ukraine, notamment en négociant avec Moscou un accès sécurisé au port d’Odessa pour éviter une crise alimentaire mondiale. “La situation est préoccupante et le pire est peut-être à venir”, a prévenu le président de l’Union africaine Macky Sall lors d’une visioconférence avec les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) réunis au sommet de Bruxelles.
Alors que l’ONU redoute “un ouragan famine” dans les pays africains qui importaient plus de la moitié de son blé d’Ukraine ou de Russie, le président sénégalais a exhorté les Vingt-Sept à tout mettre en oeuvre “pour libérer les stocks disponibles”.
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Face au blocus de la mer Noire par l’armée russe, qui paralyse le port stratégique d’Odessa, l’Ukraine cherche désespérément à exporter quelque 20 millions de tonnes de céréales stockées dans ses silos, pour la prochaine récolte estivale qui devra à son tour être stockée. .
Les Européens continuent de rappeler que les sanctions occidentales contre Moscou “ne sont pas responsables” des tensions sur les marchés alimentaires, déclenchées par l’offensive de la Russie – accusée mardi 31 mai par le Premier ministre belge Alexander De Croo de “prendre en otage les championnats du monde de céréales”. En plus de bloquer les ports, Moscou « bombarde délibérément des entrepôts et des camps », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Lever le blocus du port d’Odessa ?
Or, “gagner la bataille de la sécurité alimentaire est stratégiquement important” pour les Européens car sinon les pays africains déjà réticents à soutenir l’Occident contre Moscou “se sentiront trahis”, a prévenu le Premier ministre italien Mario Draghi.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé mardi avoir proposé à son homologue russe Vladimir Poutine le vote d’une résolution de l’ONU pour lever le blocus d’Odessa. Il a dit: Macron.
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“Il ne fait aucun doute que, sous les auspices d’un corridor maritime, il y a un affaiblissement de la situation sécuritaire en Ukraine”, a ajouté Charles Michel, président du Conseil (organe représentant les États membres de l’UE).
M. Macron a souligné le “rôle important” de la Turquie, membre de l’OTAN, dans une position stratégique en mer Noire. Mais “nous devons empêcher qu’un pays de l’OTAN ne soit pris par inadvertance dans un incident conflictuel”, a déclaré un responsable européen. Selon Mario Draghi, Vladimir Poutine a déjà indiqué qu’il pourrait ouvrir l’accès à Odessa “tant que les navires ne portent pas d’armes”, ce qui implique des “contrôles”.
Établir des “routes prioritaires”
Dans l’immédiat, les dirigeants des Vingt-Sept veulent accélérer la mise en place de “routes prioritaires” pour acheminer les céréales ukrainiennes par route, par rail ou même avec des barges sur le Danube. “C’est compliqué pour des raisons logistiques et c’est plus cher”, note cependant Charles Michel. Ces routes achemineront, au mieux, un tiers des stocks de blé, selon une source européenne.
Les wagons ukrainiens ne sont pas compatibles avec les réseaux ferroviaires de l’UE, en raison d’un empattement différent, ce qui oblige la frontière à transférer le grain vers des camions ou des wagons aux normes européennes.
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Macky Sall s’est également alarmé des conséquences des sanctions européennes sur le commerce des céréales, alors que l’UE va exclure la principale banque russe, la Sberbank, du système financier international Swift, une messagerie sécurisée cruciale pour transférer des fonds. “Lorsque le système Swift est interrompu, cela signifie que même les produits [à acheter] elles existent, le paiement devient compliqué, voire impossible », s’inquiète-t-il.
Le président sénégalais a également averti que la hausse des prix des engrais – principalement produits en Russie, en Ukraine et en Biélorussie – pourrait entraîner un effondrement de “20 à 50 %” des rendements céréaliers en Afrique cette année. “Des mécanismes sont en place pour aider à garantir que les paiements peuvent être effectués et que ces engrais peuvent être livrés”, a déclaré Emmanuel Macron.
Avant la guerre, la Russie et l’Ukraine représentaient ensemble 30 % des exportations mondiales de blé. L’Afrique, qui en est extrêmement dépendante, comptait quelque 282 millions de personnes souffrant de malnutrition en 2020, selon l’ONU.
Le monde avec l’AFP