Lyon : Avec ses pistes cyclables non genrées, la métropole s’est-elle fourvoyée ?

Qu’on l’appelle « le » vélo ou « le » vélo, le genre des pistes cyclables n’a jamais fait débat… jusqu’à aujourd’hui. Le 4 juin, Fabien Bagnon, vice-président de la métropole de Lyon en charge de la voirie et de la mobilité, a posté sur Twitter une photo du premier tronçon des voiries de Lyon, le grand projet cyclable de la métropole.

Fabien Bagnon est d’accord avec un internaute qui lui rappelle qu’une ville cyclable doit tenir compte de la parité de ses usagers. Ajoutant : “C’est aussi la communauté des femmes avec les vélos Beyondmybike qui participe aux réunions techniques avec les équipes de Voies Lyonnaises pour concevoir des parcours non genrés et donc inclusifs.”

C’est aussi la communauté cycliste féminine @beyondmybike qui participe aux réunions techniques avec les équipes des #VoiesLyonnaises pour concevoir des pistes non genrées et donc inclusives.

– Fabien Bagnon 🌿🚨 (@Fabien_Bagnon) 5 juin 2022

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L’opposition dénonce “l’idéologie libre”

Il n’en fallait pas plus pour provoquer un déluge de nouveaux commentaires, tantôt moqueurs, tantôt agressifs, sur ces sujets… d’un genre nouveau. “Nous voulons des pistes cyclables non genrées, inclusives, populaires, participatives, citoyennes et solidaires, bio, locales, pacifiques et festives, bienveillantes et résilientes, voire zéro déchet”, plaisante une internaute. “Quand on aura enfin des voies cyclables réveillées… Avec un chemin pour les pauvres, un pour les racisés. Et pour les personnes transgenres, il nous faudra aussi un indice”, ajoute un autre.

Pouvez-vous confirmer qu’une piste cyclable non genrée est bien une route dépourvue de ces fameuses piqûres ? pic.twitter.com/n0hq13q6de

— JAY (@ jacme31) 7 juin 2022

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L’opposition n’a cessé de réagir à son tour. Le rassemblement de la Droite, du Centre et de la Société civile de Lyon a publié mercredi un communiqué pour sanctionner “l’idée de roue libre” de l’exécutif EELV. « Nous sommes toujours étonnés de cette capacité créative illimitée des noces locales à inventer des concepts qui, au final, ouvrent les portes plus qu’autre chose. (…) Quelle sera la prochaine ? Une différence d’âge ? Pour la taille du mollet ? Par la couleur du vélo? Le groupe plaisante.

Fabien Bagnon, sollicité pour définir une “piste genre”, a fini par répondre par un fil conducteur, demandant l’apport des “sciences sociales”. “Notre environnement peut favoriser/défavoriser son appropriation par un genre”, écrit-il. “C’est le cas, par exemple, des installations sportives. Si nous voulons une réelle égalité pour tous, nous devons faire en sorte que chacun puisse bénéficier des équipements publics. »

L’inclusion évoquée, « est la possibilité d’avoir des voies cyclables suffisamment larges et sécuritaires pour permettre aux personnes en fauteuil roulant de se déplacer avec leurs vélos adaptés. Ou les familles de se sentir libres de se déplacer avec leurs enfants », selon ses tweets. Enfin, lorsque l’électorat parle de “développement non genré”, c’est parce que “on cherche à identifier ce qui peut entraver son utilisation par un genre”. « Est-ce un problème d’éclairage nocturne ? La piste est-elle monopolisée pour un usage sportif majoritairement masculin ? se demande-t-il. Une réflexion qui inclut aussi “les vélos en libre-service, pour qu’ils soient les plus adaptés et égalitaires possibles”, explique-t-il.

Lorsque nous parlons de développement non genré, nous cherchons à identifier ce qui peut rendre difficile son utilisation par un genre.

Est-ce un problème de veilleuse ? La piste est-elle monopolisée pour un usage sportif majoritairement masculin ? 4/5

– Fabien Bagnon 🌿🚨 (@Fabien_Bagnon) 7 juin 2022

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Cependant, c’était simple. Mais ce choix sémantique malheureux aura eu l’effet inverse sur les intentions de Fabien Bagnon. Mais comme le résume un utilisateur de Twitter, il trouve « formidable » ce travail des Voies lyonnaises : « Pensez aux citoyens et aux non-initiés, nous utilisons des termes plus simples et moins inclusifs. S’il faut 5 tweets pour expliquer en quoi une piste cyclable est « genderless », c’est que le terme est inapproprié à mon sens. « La simplicité : rien de plus inclusif, finalement.

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