Les révélations de Rafael Nadal n’ont pas fini de parler. Pour rappel, après son quatorzième sacre ce dimanche à Roland-Garros, l’Espagnol a révélé avoir reçu plusieurs injections d’anesthésiants, au niveau des pieds, durant la quinzaine parisienne, afin de lui permettre de jouer et d’être compétitif. Depuis de nombreuses années, le joueur de tennis souffre du syndrome de Müller-Weiss (nécrose d’un os du tarse au pied).
Ces quelques mots ont alors fait réagir rapidement le monde du sport. Certains cyclistes comme Guillaume Martin et Thibaut Pinot, par exemple, n’ont pas hésité à faire part de leurs doutes et interrogations. Selon eux, au-delà des différences de réglementation entre les sports (désormais interdit toute injection dans le cyclisme), il s’agit d’un véritable enjeu éthique qui dépasse la question du dopage et de l’amélioration des performances. Est-il clair qu’un athlète gravement blessé ou malade peut se tourner vers la médecine pour rester compétitif et aspirer à de grands honneurs ?
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Adrien Roux est médecin et radiologue à l’hôpital privé Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine). Son champ de pratique comprend, entre autres, la réalisation d’infiltrations articulaires et rachidiennes, cervicales et lombaires. Il traite régulièrement les joueurs du Stade Rennais et autres sportifs professionnels. Il témoigne.
Infiltration ou injection ?
Je pense déjà que le terme « infiltration » est incorrect car il s’agit de l’injection d’un corticoïde injectable local, ce qui n’est pas le cas ici. Bien que nous n’ayons pas de rapport médical précis, il est interdit par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis le 1er janvier 2022. Une infiltration de corticoïdes peut être impliquée dans le traitement ou améliorer la récupération d’un sportif blessé pendant une période . longue période, par exemple. Il se pratique pendant une pause, mais pas avant une compétition. Déjà parce que c’est interdit dans les cinq jours qui précèdent une compétition, mais surtout parce qu’une bonne efficacité du geste nécessite 36 à 48 heures de repos articulaire dans les suites. »
« Ce qui ressort donc, c’est qu’il aurait reçu une injection d’anesthésique local destiné à engourdir la zone douloureuse. Anesthésier les nerfs sensitifs (sensitifs) et non moteurs. La nature du produit reste toutefois incertaine. nous pensons à propos de la xylocaïne ? Je ne pense pas. C’est un anesthésique à action rapide et à action courte. Il est idéal pour les soins dentaires, par exemple, pour une procédure allant jusqu’à 30 minutes, ou pour “Une simple suture. Avec la xylocaïne , efficace pendant une heure maximum, j’aurais dû recevoir plusieurs injections par match, ce qui n’a évidemment pas été le cas. Je suis plus enclin à utiliser de la Naropein ou de la Chirocaine, des anesthésiants à effet plus long.
Dr. Adrien Roux, radiologue. | RD
Dopage ou pas ?
“D’un point de vue juridique, non. Nadal n’a triché en aucune façon, il n’y a pas de règlement qui empêche les injections d’anesthésiques au tennis. De plus, les anesthésiques injectables n’ont pas de propriétés anabolisantes ou stimulantes, quel que soit leur mode d’administration. Ce n’est pas le cas des corticoïdes pris par voie orale qui peuvent avoir un effet anabolisant pris régulièrement. Les corticoïdes infiltrés n’ont pas d’effet dopant car ils n’ont quasiment pas de systémique (dans le sang). »
“Mais revenir à Noël et à ces injections, à mon avis, est un vrai problème. La définition du dopage est un produit chimique externe qui vous rendra meilleur, physiquement ou mentalement. Là on met un nerf pour engourdir une zone douloureuse, voire ultra douloureuse car sa pathologie est “très douloureuse”. Un individu normal pouvait difficilement marcher sans douleur. Dormir ce nerf améliore, à mon avis, vos performances du moment dans le sens où cela contribue à réduire votre douleur, voire à l’effacer, ce qui vous permet de maintenir votre niveau de performance habituel. La douleur réduit généralement les performances, mais l’injection vous permet d’être aussi efficace, donc avoir recours à l’aide pour améliorer vos performances en tant qu’athlète blessé. D’un point de vue éthique, c’est très discutable. »
Rafael Nadal, dimanche dernier à Paris. | AFP
“Il souffre d’une condition qui n’est pas censée permettre à son corps de supporter cette charge de travail. La douleur est le résultat d’une lourde charge de travail, son corps ne peut plus la supporter et bien sûr il devrait s’arrêter et le soigner.” Prenons l’exemple de la demi-finale : Alexander Zverev s’est blessé à la cheville. Il se tord de douleur, rentre aux vestiaires et quitte le jeu. “Arrête ça, en quelque sorte, c’est une défaite physique d’un joueur qui a enchaîné les performances de haut niveau pendant deux semaines, donc c’est aussi une défaite sportive. Pour Noël, cette injection masque sa condition physique pendant une certaine période.” ou le niveau de performance doit être maximum. phase non chirurgicale.”
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Dangers ?
“Une piqûre, non. Mais beaucoup, oui, peuvent endommager le nerf, entraînant un dysfonctionnement de ce dernier : paresthésies (picotements), hypoesthésie (moins de sensations), anesthésie (vous ne sentirez plus la zone initialement douloureuse), hyperesthésie ( sensation douloureuse exagérée par rapport à un stimulus).
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