“Je suis en action”, insiste-t-il. Interrogée sur son séjour à Matignon et sur le fait qu’elle pourrait être “suspendue”, Elisabeth Borne a esquivé la question jeudi 23 juin lors d’un entretien avec LCI : “Je ne me pose pas ce genre de questions.” Cependant, le premier ministre a été plus qu’affaibli par les résultats des élections législatives, qui n’ont pas permis au camp présidentiel d’obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale.
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Lors de son allocution de mercredi soir, Emmanuel Macron n’a même pas pris la peine de citer le nom du chef du gouvernement. Traditionnellement, au lendemain des législatives, le locataire de Matignon présente sa démission et le président de la République choisit de changer de nom dans le calme pour lui renouveler sa confiance. Cette fois, Emmanuel Macron a choisi de rejeter cette démission, officiellement pour des raisons techniques afin de permettre au gouvernement de continuer à gérer la situation actuelle.
Officieusement, tout le monde pose la question d’un changement de tête à l’exécutif pour permettre à la majorité d’élargir ses assises à l’Assemblée. “Le rôle de premier ministre est un CDD, je vous le confirme”, a également reconnu Elisabeth Borne auprès de LCI. Dans ce contexte miné, on vous raconte comment le chef du gouvernement tente de reprendre l’initiative pour ne pas se laisser déborder.
Elle répond aux attaques
Le président du MoDem François Bayrou ne s’en cache plus : il n’a pas été convaincu par la nomination d’Elisabeth Borne au poste de Premier ministre et son profil technocratique. Depuis des semaines, il répète à ses interlocuteurs que Matignon doit être occupé par un profil plus politique. Interrogé mercredi sur France Inter sur le maintien d’Elisabeth Borne à la tête du Gouvernement, le maire de Pau a choisi de renvoyer la balle au président de la République. Avant d’évaluer : “L’époque oblige le premier ministre ou le premier ministre à être un homme politique, qu’on n’a pas le sentiment que c’est la technique qui gouverne le pays.”
“Je ne me sens pas agressé par ces critiques”, a réagi jeudi soir l’intéressé auprès de LCI, précisant qu’il “avait eu l’occasion de s’entretenir avec François Bayrou”. “Je ne sais pas ce que ‘technicien’ veut dire”, a poursuivi l’ancien ministre du Travail. , que je n’aurais pas ses difficultés, (…) que je ne travaillerais pas avec les députés, c’est tout le contraire de qui je un m “.
Elle prouve qu’elle reste au travail
Elisabeth Borne veut donner l’image d’une première ministre travailleuse, qui ne s’arrête pas malgré l’incertitude institutionnelle qui pèse sur l’Assemblée. Le chef du gouvernement s’est rendu mercredi dans un centre de gestion du gaz accompagné de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Il a assuré que la situation en France n’a pas hésité à se projeter, annonçant notamment la prolongation du bouclier tarifaire des prix du gaz “jusqu’à la fin de l’année”.
J’ai décidé de me rendre aujourd’hui au centre national de gestion du gaz avec @AgnesRunacher pour m’assurer que toutes les mesures sont prises pour assurer l’approvisionnement en gaz et protéger les Français et les entreprises de la hausse des prix. pic.twitter.com/p88qokxgP4
— Élisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) 23 juin 2022
Elisabeth Borne a également rencontré ses ministres mercredi après-midi. Il a également reçu le soutien de plusieurs d’entre eux ces derniers jours. “Elisabeth Borne, je vous assure, est à sa place le matin, le midi et le soir et nous fait travailler dur”, a notamment déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de l’Assemblée nationale. “Évidemment, je soutiens le Premier ministre et nous ne sommes pas dans une affaire de personnes”, a déclaré le Premier ministre européen Clément Beaune.
Le chef du gouvernement sera sur tous les fronts la semaine prochaine, avec un agenda chargé : une réunion de travail avec ses ministres sur le pouvoir d’achat, une réunion de crise sur la situation épidémique, un échange avec le chef du gouvernement ukrainien sur l’aide française à Kyiv . , ou encore une sortie terrain prévue le jeudi 30 juin. “Elle travaille dur dans ses fonctions de Premier ministre et poursuit ses entretiens pour établir les feuilles de route de ses ministres et assurer la bonne marche de l’Etat”, a déclaré son cabinet à franceinfo.
Elle divise l’armure
Le premier discours de la Première ministre, lors de la passation de pouvoir, avait attiré l’attention, notamment lorsqu’elle dédiait sa nomination à “toutes les filles”. Mais depuis, son essoufflement s’est manifesté à plusieurs reprises, soit lors de l’entre-tour des législatives, lorsqu’il était chargé de remotiver les candidats de la majorité dans la course, soit le soir du second tour. . “C’était un ‘dégustation’, il a lu son texte sans lever la tête, il n’y avait pas de spontanéité, il avait l’air d’un préfet”, a déclaré un député à franceinfo.
Sur LCI, Elisabeth Borne a tenté de se dévoiler un peu plus. Son père a mis fin à ses jours alors qu’elle était adolescente et a grandi avec sa mère, qui avait peu de ressources. “C’est choquant qu’une fillette de 11 ans ait perdu son père dans les conditions dans lesquelles je l’ai perdu”, a expliqué cet étudiant national. Il a également confié que ces difficultés l’avaient sans doute poussé à construire une coquille. “Peut-être que je ne sais pas comment exprimer mes émotions. Cela doit être vrai dans ma vie publique, disons simplement que cela peut être vrai dans ma vie personnelle. Je pense que le blindage, peut-être, ira un peu loin, oui.” elle a admis.
Il cherche toujours à renforcer la majorité
Au-delà de la bataille d’opinion, Elisabeth Borne mène aussi une bataille plus politique. Depuis le début de la semaine, tant l’Elysée que Matignon ont multiplié les appels téléphoniques. “En effet, j’avais des gens au téléphone”, a confirmé à franceinfo un député LR jugé constructif. Pour grossir les rangs de la majorité, l’exécutif cherche des renforts. Notamment : les vingt députés Les Républicains qui ont préféré le jeune Julien Dive à l’extrême droite d’Olivier Marleix, lors du vote pour choisir la nouvelle tête des députés LR. Matignon prévoit également de poursuivre les discussions la semaine prochaine “avec des parlementaires de tous bords”.
Mais hormis le braconnage individuel qui est actuellement très insuffisant, la majorité pourrait tenter de former deux “groupes flottants” à l’Assemblée, rapporte Le Parisien, l’un sur son aile gauche, l’autre sur son aile droite. . Cela permettrait au gouvernement d’assurer la présence de groupes suffisamment bienveillants pour voter les textes au cas par cas. Sur LCI, le Premier ministre s’est en tout cas montré “très confiant” pour “trouver des députés pour voter les textes car nous avons intégré leurs propositions”.
Pour tenter de trouver la meilleure voie, Elisabeth Borne a reçu jeudi et vendredi tous les présidents de groupe de l’Assemblée, de LFI à RN. Il a sans doute tenté de sonder les différentes forces politiques pour voir s’il prendrait ses responsabilités, comme le réclame La France insoumise, dans le cadre de son discours de politique générale, qui doit être prononcé le 5 juillet devant l’Assemblée nationale. Pour l’instant, il a admis qu’il n’avait pas “résolu ce point”.