Allons-nous manquer d’enseignants au début du cours? C’est la question que se posent de nombreuses familles au début des vacances scolaires. Le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye l’a répété, sur France Inter jeudi 7 juillet, “il y aura un enseignant devant chaque classe, dans chaque école de France”. A moins que les chiffres ne soient plutôt inquiétants, tous les lieux à couvrir n’ont pas trouvé d’occupants. Une confirmation officielle du ministère de l’Éducation nationale lui-même.
Combien y a-t-il de postes vacants ?
Au total, ce sont aujourd’hui plus de 4 000 postes vacants, suite aux concours d’enseignants qui ont eu lieu ces dernières semaines. Environ 20 000 nouveaux enseignants sont embauchés, mais cela ne suffit pas. Cela représente un peu plus de 80% des postes ouverts. C’est bien moins qu’en 2021, où le chiffre était de 94 %. Les difficultés de recrutement de cette année 2022 sont sans précédent.
Où sont les principales pénuries d’enseignants ?
Tous les niveaux scolaires sont touchés dans les mêmes proportions. Les concours ne remplissaient pas autant au primaire, qu’au collège et au lycée. Mais d’un autre côté, toutes les régions ne sont pas sur le même bateau. Certains sont plus attrayants que d’autres. Du coup, pour le lycée, le manque d’enseignants est criant en Ile-de-France, notamment dans les départements hors Paris, où seulement un peu plus de la moitié des places sont pourvues.
Au lycée, les situations sont également différentes selon les matières. Il n’y a pas de problèmes en histoire-géographie, en éducation physique et sportive (EPS), pas même en Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). En revanche, ça colle vraiment aux classiques et à l’allemande où la moitié des embauches nécessaires n’ont pas été faites. D’autres matières sont également en tension : physique-chimie, lettres modernes et mathématiques. On a beaucoup parlé de ce dernier dossier ces derniers mois, mais le ministère est, en fait, moins concerné que d’autres : la baisse des vocations est récente et ne devrait pas être trop difficile à combler, estime l’entourage du pape Ndiaye.
Comment le ministère compte-t-il remédier à ces lacunes?
La solution, pour le ministère, tient essentiellement en un mot : les entrepreneurs. L’Educació Nacional veut embaucher des personnes qui n’ont pas réussi le concours, un type de contrat à durée déterminée, qui ne sont pas des fonctionnaires. Plusieurs académies ont déjà organisé des journées de recrutement sur ce modèle. Le ministère indique qu’à la fin du mois d’août, avant le début du cours, un effort particulier sera fait dans la formation de ces nouveaux ajouts. Des cellules seront également installées dans chaque presbytère, pour répondre aux difficultés des établissements face aux absences.
Si ces chiffres sont assez éloquents, l’équipe de Pap Ndiaye se dit confiante pour le début du parcours. Il précise que cette baisse des embauches était prévue et rappelle que des mesures sont prévues à partir de l’automne 2022 en concertation avec les syndicats, pour améliorer l’attractivité de la profession, à commencer par des revalorisations salariales.