Le sort de Gaza dépendait une nouvelle fois d’une trêve, lundi 8 août. En cause, les attaques lancées par Israël contre les dirigeants du Jihad islamique, un groupe armé palestinien que l’État juif et la plupart de ses alliés occidentaux considèrent comme terroriste. Ils ont été suivis en représailles par des tirs de roquettes sur le territoire israélien revendiqué par la même organisation.
Cette nouvelle flambée de violence, de plus en plus coûteuse en vies palestiniennes (plus de quarante en trois jours, y compris des enfants, selon les Palestiniens), a donné lieu, comme les précédentes et comme celles qui suivront immanquablement, au même laconique communiqués de presse. . Nul doute que les chancelleries oublieront rapidement Gaza une fois que les armes se seront tues.
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Ils auront tort, tout comme ils ont tort de se désintéresser par lassitude et découragement du sort de cette enclave soumise depuis plus de quinze ans à un blocus impitoyable. Malgré les guerres de 2008, 2012, 2014 et 2021, ces quinze années de banalisation d’une situation inacceptable ont fait de Gaza, outre l’abîme de l’asymétrie du conflit israélo-palestinien, un territoire perdu de la conscience internationale.
Une impasse
Lorsque les tirs de roquettes palestiniennes s’arrêtent, la grande majorité d’entre elles étant interceptées par la très efficace défense anti-aérienne de l’Etat hébreu, les Israéliens reprennent une vie normale. Il en va tout autrement pour les habitants de Gaza, qui restent soumis au même régime de punition collective, prisonniers de la même prison à ciel ouvert. L’étroite bande de terre n’est à flot que grâce à l’aide étrangère étroitement contrôlée par Israël.
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Les conséquences de ce blocus meurtrier, qui a suivi des années de régime d’exception, sont rappelées année après année par des organisations internationales comme la Banque mondiale. C’est un taux de chômage dévastateur et un niveau de pauvreté qui condamne les Palestiniens à une vie sans avenir, des conditions de vie de plus en plus critiques, notamment en termes d’accès à l’eau.
La démission internationale ne se limite malheureusement pas à Gaza. La politique d’éviction en cours d’Israël dans les quartiers Est de Jérusalem, les violences perpétrées par les colons israéliens en Cisjordanie comme la décision de relocaliser de force un millier de Palestiniens du sud d’Hébron ne suscitent guère plus que la toux des plus discrets. Et les nouveaux alliés arabes d’Israël, des Émirats arabes unis au Maroc, ont clairement exclu d’obtenir, en échange de normalisations historiques, le moindre progrès pour les Palestiniens.
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Divisés politiquement et géographiquement, ces derniers ont donné tous les prétextes possibles à ce désintérêt international. La sclérose de la direction du mouvement national palestinien, incarnée par la présidence usée de Mahmoud Abbas, en témoigne. Cependant, cela n’explique pas pourquoi les pays qui peuvent prétendre influencer les autorités israéliennes, à commencer par les États-Unis ou les principaux pays européens, sont si absents et résignés à un faux statu quo.
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Ces derniers masquent de plus en plus difficilement la mort inéluctable de la solution à deux États, qui reste pourtant leur horizon diplomatique officiel. Les bombardements de Gaza doivent servir de signal d’alarme, car un jour le prix moral de l’inaction devra être payé.
Le monde