l’évasion essentielle désespérément ou méticuleusement étudiée ? La route empruntée vers l’Espagne par le traçable Cédric Tauleygne, auteur présumé du double meurtre de Pouyastruc début juillet, pose question.
Certains l’imaginent très loin, au Maghreb, d’autres sont morts quelque part dans les forêts denses du mont Oroel, à quelques dizaines de kilomètres de Jaca en Espagne.
Si Cédric Tauleygne, auteur présumé du double meurtre d’Aurélie Pardon et Gabriel Fourmigué le 4 juillet à Pouyastruc, a littéralement disparu dans la campagne aragonaise, pour l’instant une seule chose est connue : l’emplacement de sa moto découvert là-bas fait une semaine par un voisin dans la région, garé près du panneau de signalisation indiquant “Puerto de Oroel”.
Accessible depuis la sortie de Jaca par la route Au 1205 vers Bernués, ce col, à 1080 m d’altitude, est le point de départ de plusieurs itinéraires de randonnées en terre dont les sillons s’estompent en espaces boisés à perte de vue. . Quand on regarde ce paysage, on ne peut qu’imaginer l’ampleur du travail de la police pour retrouver le fugitif, mais aussi se demander ce qui l’a amené ici.
Trajectoire directe
Cédric Tauleygne connaissait-il les lieux ? Tout porte à le croire. Si certaines sources proches de l’enquête estiment que l’homme, passionné de vélo, a pu parcourir les routes de Pena Oroel lors des balades à vélo, un autre élément vient étayer cette piste : la proximité de la commune de résidence de la mère de famille méfiant. avec la frontière espagnole. Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques est à seulement 56 km du Col du Somport.
Et quand on veut se rendre à Jaca au plus vite depuis les Hautes-Pyrénées, cet itinéraire s’avère être le plus direct.
Mais la partie pratique serait-elle le seul argument qui a motivé Cédric Tauleygne à disparaître dans la région de Jaca, où il existe un lien plus profond entre lui et la région aragonaise ?
“Une aiguille dans une botte de foin”
Depuis la découverte de la moto, d’importants moyens humains et enquêtes ont été déployés entre Jaca, Bernués et Atarés, par la Garde civile et la police espagnole. “Ici à Atarés, nous avons une antenne relais”, explique Víctor, un voisin des lieux connus hier. “Alors que son téléphone s’est coupé ici mardi dernier et que sa moto a été retrouvée à quelques kilomètres de là, la police et les gardes ont encerclé le village. Il y avait des agents partout. Ils sont venus quelques jours avec des chiens dans la forêt. Mais depuis ce week-end, il s’est calmé », a-t-il déclaré.
“Les enfants ont eu très peur”
Helena, puéricultrice de la petite ville, le confirme avec soulagement. “Les enfants avaient très peur. Mais nous n’avons rien vu depuis trois jours.”
Sur les routes, de brefs contrôles sont effectués ici et là. Dans la matinée, le service de communication de la Garde civile de Huesca confirme que l’important dispositif déployé depuis une semaine a été revu à la baisse. “Les renforts demandés sont partis, seules les forces locales continuent les recherches.” L’arrivée des gendarmes français lundi à Jaca ? Un aller-retour effectué dans la journée, pour des raisons tenues secrètes.
Côté espagnol, une source proche de l’enquête est persuadée que la piste du suicide de Cédric Tauleygne semble plus crédible qu’une évasion savamment orchestrée.
Sophie Longane