Jeanne (Noémie Merlant) et Nino (Gimi Covaci) dans “Mi iubita, mon amour”, de Noémie Merlant. FILMS DU NORD-OUEST
L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS
Le premier long métrage de l’actrice Noémie Merlant, révélé dans Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (2019), est une fiction inspirée de son expérience. L’actrice, née en 1988, raconte son histoire d’amour avec Gimi Covaci, une jeune gitane et roumaine d’une vingtaine d’années, qui a déjà joué dans son court-métrage, Shakira (2019). Le film a été tourné en Roumanie, avec les parents du jeune homme, qui jouent leurs propres rôles, très à l’aise devant la caméra.
Au-delà de cette intrigue documentaire, Mi iubita, mon amour est avant tout une idylle, assez prévisible, entre une Française de passage, Jeanne (Noémie Merlant), et un gitan de nationalité roumaine, Nino (Gimi Covaci), l’histoire a été co-écrite par le réalisateur et Gimi Covaci.
Jeanne part fêter son enterrement de vie de garçon avec trois amis, en Roumanie. Les voici dans la voiture, fous et heureux, bien que les traits de Jeanne soient déjà un peu tendus, comme si elle redoutait la perspective de ce mariage ; plus tard, les échanges téléphoniques avec le futur mari ne seront pas très intenses. Le soir, les quatre amis s’arrêtent à une station-service. On les retrouve assis par terre en train de discuter, à côté de leur véhicule, ce qui pourrait être plus naturel… Alors qu’un jeune homme vient gentiment les aborder (le fameux Nino, accompagné de son jeune frère), il leur vole leur voiture en un éclair .
bonnes intentions
Pris de panique, Jeanne et ses amis ne savent plus quoi faire. Nino et sa famille les accueillent pour la nuit, mais le séjour sera plus long… Commence alors un long tunnel sur le thème de “deux cultures qui s’opposent à tout, mais qui finiront par se rencontrer”. Au début de la cohabitation, les Françaises ouvrent les yeux comme des biches effarouchées lorsqu’elles découvrent le quotidien de la famille de Nino, les engueulades des parents, les regards de ces derniers, imprégnés d’une certaine méfiance, leurs conversations que font Je ne comprends pas.. Ils semblent aussi un peu déçus des plats qu’on leur propose d’avaler. Mais les jours passent, le courant aussi. Mi iubita, mon amour contient de belles scènes, comme cette fête d’anniversaire au cours de laquelle les préjugés des autres semblent s’être dissipés autour de la bouteille de vin mousseux.
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Mais le film continue d’être empreint de bonnes intentions et de péchés pour son histoire démonstrative, quelque peu édifiante : ici, ce sont les gitans qui font preuve d’un accueil bienveillant, alors qu’ils sont parfois méprisés dans les pays riches, nous dit videment le réalisateur. L’histoire se concentre sur les deux amants en herbe, échangeant des regards interminables, délaissant les rôles secondaires, insuffisamment définis : les amis de Jeanne traînent, les actrices ont peu de grain à moudre dans le scénario.
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