Mission du robot Curiosity vers Mars : “On a parcouru un peu plus de 28 km en dix ans”, explique un scientifique

“On a parcouru un peu plus de 28 km en dix ans” sur Mars, expliquait Olivier Gasnault vendredi 5 août à franceinfo. Il est le responsable scientifique en France de l’instrument franco-américain ChemCam, l’un des dix instruments du Rover Curiosity arrivé sur Mars il y a dix ans, le 6 août 2012.

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L’activité du robot explorateur martien a de nouveau été prolongée par la NASA jusqu’en septembre 2025. Curiosity se dirigera vers une nouvelle zone de la planète rouge pour poursuivre ses explorations.

franceinfo : La mission de Curiosity devait durer deux ans, mais au final dix ans se sont écoulés et elle durera jusqu’en 2025. Que se passe-t-il ?

Olivier Gasnault : C’est un investissement important et nous sommes heureux de pouvoir l’utiliser pendant tant d’années et de continuer à explorer la surface de Mars. L’avantage de prolonger la mission c’est surtout qu’on est au pied d’une montagne à 5 000 m de haut et qu’il ne s’agit pas d’aller au sommet mais les premières couches nous renseignent sur l’évolution de l’environnement à la surface de Mars. . Essayons de comprendre la transition vers un passage stérile.

Est-ce ce qui risque d’arriver à la Terre avec le réchauffement climatique ?

Nous sommes à des échelles de temps géologiques très différentes, le problème de la terre est bien plus immédiat. Les transformations sur Mars remontent bien au-delà du passé et se sont déroulées sur de nombreuses années, on parle de millions d’années. Il s’agit d’un changement plus global de la planète, notamment du champ magnétique de l’atmosphère et donc de la présence d’eau en surface.

Comment expliquez-vous la longévité de ce robot ?

Nous avons des équipes d’ingénieurs qui ont développé d’excellents outils à la fois sur le Rover et sur des instruments comme ChemCam. L’objectif de deux ans était le minimum et pour l’atteindre nous sommes obligés de développer des techniques plus robustes qui permettent cette longévité. Maintenant, nous voulons faire attention à la façon dont nous utilisons ces instruments pour les conserver le plus longtemps possible. C’est un gain pour la rentrée scientifique de toute la communauté.

Que fait l’instrument ChemCam sur Curiosity ?

C’est une caméra chimique qui cartographie autour du Rover américain la composition chimique des roches qui composent le sol martien pour comprendre ce contexte géologique. Cela aide à comprendre comment les roches ont été transformées par l’eau il y a plus de trois milliards d’années lorsque la vie est apparue sur Terre et qu’il y avait de l’eau liquide à la surface de Mars. La vision de ChemCam sera de comprendre la composition chimique de ces roches, quelles sont leurs origines du point de vue magmatique, leur transformation avec l’eau. Nous avons pu montrer qu’il y a eu plusieurs épisodes avec de l’eau liquide à la surface de Mars qui ont transformé ces roches.

Comment avez-vous choisi la zone d’exploration ?

C’est un travail qui a été fait avant de sélectionner le site d’atterrissage pour trouver un endroit où l’on aurait plus de chance d’avoir des résultats intéressants sur le fait qu’il y avait de l’eau, l’endroit aurait pu être habitable, et sur l’organisation des couches géologiques qui fais-le. possible d’établir un calendrier.

Donc on a une capacité de déplacement limitée, pas de route, on est très loin et on fait beaucoup d’observations au fur et à mesure. Nous avons parcouru un peu plus de 28 km en dix ans, et il ne s’agit pas d’aller complètement ailleurs sur Mars. Nous poursuivons notre ascension vers cette montagne qui nous permet d’avancer dans l’histoire de Mars. Nous espérons explorer quelques millions d’années à travers ces quelques kilomètres.

Qu’avons-nous appris en dix ans ?

Le premier résultat a été de montrer l’habitabilité de cette région il y a 3,6 milliards d’années. S’il y avait eu une forme de vie unicellulaire très simple, elle aurait pu survivre dans ces conditions pendant plusieurs millions d’années. Il a été démontré que ces conditions environnementales ont évolué vers un climat plus sec, que l’eau s’est déplacée sous terre. Maintenant que nous étudions cette transition, nous avons également pu montrer que nous avions peut-être eu l’apparence d’un continent à la surface de Mars.

Enfin, des études de l’atmosphère moderne sont en cours avec un instrument d’étude climatique espagnol pour voir comment elle se compare au climat passé de Mars et quelles sont les conditions de rayonnement à la surface.

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