Myocardite et vaccins anti-Covid : le risque existe mais reste faible avec Pfizer et Moderna, selon l’ANSM

Dans le cadre du dispositif de surveillance renforcée des vaccins Covid-19, l’EPI-PHARE (groupement d’intérêt scientifique ANSM-Cnam) a mené une nouvelle étude de pharmaco-épidémiologie sur le risque de myocardite après vaccination par un ARNm (Comirnaty ou Spikevax).

Un risque accru mais faible. En effet, il existe un risque de myocardite après la première dose de rappel (troisième dose), mais il est plus faible qu’après la deuxième dose et diminue avec l’allongement du délai entre les doses successives, selon une étude de l’Agence nationale de médecine Santé, publié le 22 juillet.

Cas plus élevés chez les hommes de moins de 30 ans

La myocardite est une inflammation du myocarde, le tissu musculaire du cœur. Les infections virales, comme le Covid, sont une cause fréquente de myocardite, qui peut entraîner une hospitalisation, une insuffisance cardiaque ou même une mort subite. La myocardite est également reconnue comme un effet secondaire très rare des vaccins à ARNm (Pfizer ou Moderna) par l’Agence européenne des médicaments.

« L’excès de cas de myocardite associé à la troisième dose est estimé globalement à 0,25 cas pour 100 000 doses du vaccin Comirnaty et 0,29 cas pour 100 000 doses du vaccin Spikevax, correspondant à 1 cas de myocardite attribuable à la vaccination pour l’administration de 398 000 troisièmes doses de Comirnaty et 340.000 troisièmes doses de Spikevax”, indique également l’ANSM.

Et de conclure : “Les excès de cas les plus importants ont été observés chez les hommes de moins de 30 ans, avec un maximum de 1,2 cas pour 100 000 troisièmes doses de Comirnaty, ce qui correspond à 1 cas de myocardite pour 87 000 troisièmes doses”.

Une précédente étude d’EPI-PHARE, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications, avait montré qu’il existait un risque de myocardite dans la semaine suivant la vaccination contre le Covid-19 à l’aide de vaccins à ARNm, notamment après la deuxième dose du Vaccin Spikevax chez les hommes et les femmes âgés de 12 à 50 ans.

Cette précédente étude avait également confirmé l’évolution clinique favorable des cas de myocardite.

Comment traiter la myocardite ?

En cas de myocardite, une hospitalisation est nécessaire et dure “au moins 48 heures”, explique le Dr Manzo-Silberman à Doctissimo. “Quand on voit qu’il y a des dommages au muscle cardiaque, c’est une hospitalisation en réanimation.” La myocardite est une maladie à laquelle il faut faire attention afin de détecter d’éventuelles complications. “Il faut s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un infarctus en cours, qu’il n’y a pas d’artère à déboucher”, ajoute-t-il à nos confrères.

Selon le service de cardiologie du CHUV, le traitement consiste essentiellement en des anti-inflammatoires et des antalgiques (pour les douleurs thoraciques).

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