“On est trop généreux, les deux tiers des passages aux urgences ne sont jamais payés”, assure Michaël Peyromaure

Solène Delinger 8h29, 26 mai 2022, modifié à 9h08, 26 mai 2022

Michaël Peyromaure était l’invité d’Europe Matin ce jeudi. Au micro de Sonia Mabrouk, la cheffe du service d’urologie de l’hôpital Cochin à Paris a alerté sur l’état du système de santé français, “au bord du gouffre”. Selon lui, cette situation s’explique en partie par la générosité excessive de ce système, alors que “les deux tiers des passages aux urgences ne sont jamais payés par les patients”.

Michaël Peyromaure tire la sonnette d’alarme. Au micro de Sonia Mabrouk ce jeudi matin sur Europe 1, le chef du service d’urologie de l’hôpital Cochin à Paris a vivement dénoncé la générosité excessive du système de santé français, aujourd’hui “au bord du précipice”. “Le système de santé français est en panne”, a-t-il déclaré.

“Le système de santé français s’est beaucoup dégradé”

“L’hôpital était au bord du précipice et là on est au bord du précipice. On annule, on reporte les opérations et on priorise. Le système de santé français s’est beaucoup détérioré.” Michaël Peyromaure ne croit pas que cette situation s’explique par le manque de moyens car la France “dépense beaucoup pour la santé dans son ensemble”. “C’est 11,3% du PIB. Nous sommes au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE”, a déclaré le professeur, pour qui ces ressources sont mal allouées. “Ils sont affectés au mauvais endroit”.

« En France, nous avons une administration, une technostructure extrêmement lourde et très coûteuse. Nous avons une vingtaine d’agences nationales de santé, ce qui complique aussi beaucoup les processus décisionnels. Nous avons 18 agences régionales de santé, nous avons des groupements hospitaliers territoriaux, nous avons 18 agences régionales de santé. “Des agences de santé, on a des groupements hospitaliers territoriaux. On a des communautés professionnelles, territoriales, de santé”, énumère-t-il dans Europe 1. “On a un milfou très lourd où va beaucoup d’argent. Et finalement il n’y a plus d’argent là où il en faut”. , c’est-à-dire pour les lits des malades et dans les cabinets des médecins ».

“La sécurité sociale est un gouffre sans fond”

Michaël Peyromaure juge notre système “trop ​​généreux”. « Nous avons un médicament presque gratuit, avec une charge restante très faible, qui est inférieure à 7 %. A l’hôpital public, les deux tiers des passages facturés aux urgences sont ensuite adressés aux patients quelques semaines plus tard. Eh bien, les deux tiers des visites aux urgences ne sont jamais payées par les patients », a-t-il déclaré.

“Je pense que les gens le savent, mais ne le dites pas. C’est un tabou. La sécurité sociale est un gouffre sans fond. Il y a des millions de personnes qui reçoivent un traitement gratuit et il y a beaucoup de services médicaux qui devraient être payés un peu. “Ce n’est pourtant pas le cas. Tout cela a un coût très élevé.”

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