Onze ans après Fukushima, le Japon est de retour avec des projets de construction de réacteurs nucléaires

Une vue des réacteurs et des réservoirs de stockage d’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi à Okuma, au Japon, le 5 mars 2022. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Des déclarations jugées “encourageantes” par la principale confédération patronale japonaise, Keidanren, mais critiquées par le Centre d’information citoyenne sur le nucléaire (CNIC, une ONG opposée au nucléaire) car formulées “sans la moindre concertation”. Les réactions n’ont pas tardé après l’annonce par le Premier ministre japonais Fumio Kishida, mercredi 24 août, de la réactivation de sept réacteurs nucléaires en 2023, une réflexion sur l’allongement de la durée de vie des réacteurs au-delà de soixante ans, et surtout sur la possibilité. pour en construire de nouveaux.

Kishida s’exprimait lors d’une réunion de la Commission de transformation verte mise en place en juillet pour réfléchir aux moyens d’atteindre les objectifs environnementaux de la troisième économie mondiale. “Face au risque de pénurie d’électricité, nous devons prendre toutes les mesures nécessaires”, a-t-il expliqué. M. Kishida a également demandé à la commission de présenter des mesures concrètes d’ici la fin de l’année, notamment pour « mieux faire comprendre au public » l’intérêt du nucléaire.

Le Japon subit le poids de la hausse des prix de l’énergie et des tensions d’après-guerre en Ukraine au sujet de l’approvisionnement en gaz et en pétrole. Critiqué pour son recours massif au charbon, il doit aussi atteindre ses objectifs de neutralité carbone d’ici 2050. Pour cette raison, il souhaite porter la part du nucléaire à 20-22 % du mix énergétique d’ici 2030, contre 4 % en 2020. .

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le nucléaire, réaffirme la priorité du Japon d’atteindre la neutralité carbone

L’accent mis sur l’énergie nucléaire et la perspective d’une reprise de la construction de nouveaux réacteurs est une rupture avec la politique depuis le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont provoqué la fusion de trois des six réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi, provoquant la pire catastrophe nucléaire. depuis Tchernobyl. Le gouvernement a alors fermé les 54 réacteurs du pays, qui produisaient 30 % de son électricité. Le Premier ministre de l’époque, Naoto Kan (démocrate, aujourd’hui dans l’opposition), a proposé la “réalisation d’une société dénucléarisée” en raison de l’incapacité à “garantir pleinement la sécurité”.

appel

Depuis son retour au pouvoir fin 2012, le Parti libéral démocrate (PLD) tente de relancer le nucléaire. Cette stratégie implique des efforts pour minimiser l’impact de la catastrophe de Fukushima, dont la résolution devrait prendre plusieurs décennies. En 2013, le Premier ministre de l’époque, Shinzo Abe, a déclaré que la situation dans l’usine touchée était “sous contrôle”.

Il vous reste 61,94% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *