OTAN-Russie : le retour à la logique de la guerre froide

Le président américain Joe Biden et le secrétaire général de l’OTAN lors du sommet de l’Alliance à Madrid le 29 juin 2022. SUSAN WALSH / AP

Le climat de guerre froide, ravivé par l’attaque russe contre l’Ukraine, a trouvé une nouvelle traduction. Présentée comme un « partenaire » depuis la fin des années 1990, la Russie est redevenue une « menace » pour les trente pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Moscou représente “la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité alliée”, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, lors du sommet de l’organisation, qui s’est tenu à Madrid du 28 au 30 juin et au cours duquel les capitales européenne et américaine ont montré un tout unitaire. . devant.

Signe de ce changement de ton, l’Otan a annoncé lors du sommet un renforcement de son système de défense sur le flanc oriental de l’Europe. Les forces mises à la disposition de l’Alliance par les pays membres et susceptibles d’être projetées rapidement augmenteront “bien au-delà” des 300 000 soldats, a annoncé M. Stoltenberg, sans toutefois préciser sa répartition. Ce nouveau plan doit permettre à l’organisation, en cas d’agression par l’un des pays membres, de déployer 100 000 hommes en moins de dix jours, puis 200 000 de plus en trente jours, contre 40 000 déjà mobilisables en moins de quinze jours. .

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Avant l’annonce de ces nouvelles forces de réaction rapide, l’Otan avait déjà décidé en mars de renforcer sa présence permanente dans les pays les plus à l’est du Vieux Continent. Depuis lors, quatre nouveaux “groupements tactiques” (groupements tactiques) ont été constitués en Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Slovaquie, portant à huit le nombre d’établissements militaires de l’alliance sur le flanc oriental. Une façon de combler les lacunes de l’arc de 1 200 km de la Baltique à la mer Noire, qui fait face plus directement à la menace russe. Jusqu’à présent, seules la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et la Pologne disposaient de ces “groupements tactiques”, créés en 2017 après l’invasion de la Crimée par la Russie.

Grande main-d’œuvre en Pologne

Ce système terrestre a été complété par un renforcement de la surveillance de l’espace aérien de ces mêmes pays. Avant la guerre, les membres de l’OTAN contribuaient au hasard à la police du ciel de différents États, principalement les pays baltes. Depuis février, ce système s’est amplifié et les avions sous commandement de l’Otan reviennent désormais en permanence dans le ciel des pays exposés. Ces avions peuvent décoller de différentes bases ou porte-avions européens. La France a surtout envoyé une centaine d’aviateurs en Estonie, pour patrouiller la frontière avec la Russie, où les approches d’anciens avions de l’Armée rouge sont périodiquement dénoncées par l’Alliance.

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