Une association a installé samedi un campement place de la Bastille à Paris pour une trentaine de mineurs non accompagnés afin de les alerter sur la situation de ces jeunes migrants à la rue, a indiqué un journaliste.
Des tentes individuelles alignées à côté d’un barnum, une installation qui devrait rester “pour une durée illimitée”, selon un communiqué de l’association d’aide aux migrants Utopia 56. accompagnement et hébergement des mineurs non accompagnés », explique Pierre Mathurin, coordinateur d’Utopia 56 Paris .
“Un voyage d’exil traumatisant”
A leur arrivée en France, les mineurs non accompagnés doivent passer un bilan pour reconnaître leur minorité. S’ils ne sont pas reconnus comme mineurs, ils peuvent saisir les tribunaux. “Ces jeunes sont dans la rue en attendant que leur recours soit examiné par le juge des enfants alors qu’ils sont vulnérables et vivent souvent un parcours traumatisant vers l’exil”, a déploré Pierre Mathurin.
L’association demande “la reconnaissance et le respect de la présomption de minorité, de l’intérêt supérieur de l’enfant et du droit à un recours effectif, dans toute la France, jusqu’à ce que le juge des enfants en décide autrement”.
État de défaut
Environ 65 % des jeunes accompagnés par Utopia 56 à Paris ont finalement été reconnus mineurs en 2021, après un recours. En 2021, l’association a accompagné plus de 500 jeunes en France. La Ligue des droits de l’homme et une soixantaine d’autres associations ont appelé la semaine dernière à une “protection d’urgence” des mineurs non accompagnés, dénonçant les “manquements” de l’Etat dans leur prise en charge.
Selon une estimation de l’Assemblée des départements français, quelque 40 000 mineurs étrangers non accompagnés ont été pris en charge en 2020 par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). En 2019, plus de 16 000 mineurs avaient été remis à l’ASE par décision de justice.