Partygate : à une motion de censure contre Boris Johnson

Le Premier ministre britannique est sous pression depuis la publication d’un rapport condamné sur les soirées alcoolisées, organisées pendant le confinement, auxquelles il aurait participé. Le commissaire avait cependant déclaré qu’il n’avait pas assisté à la soirée.

Par AFP Publié le 31/05/2022 à 16:54 Temps de lecture : 3 min

L’ancien chef du Parti conservateur britannique William Hague a envisagé mardi une motion de censure contre le Premier ministre Boris Johnson probablement le mois prochain, alors que les critiques s’intensifient dans son camp sous l’effet du “partygate”.

Loin de mettre fin au scandale vieux de six mois qui tourmente le gouvernement conservateur, la publication la semaine dernière d’un rapport administratif détaillant l’ampleur des violations des règles anti-covid à Downing Street a suscité de nouveaux appels à la démission, annoncez-vous au compte-goutte . et drabs.

Il faut 54 lettres de députés au “comité 1922” du parti pour provoquer un vote de censure sur Boris Johnson. Une trentaine ont publiquement réclamé son départ, mais comme la procédure est secrète, la classe politique spécule sur la possibilité d’atteindre le nombre fatidique dans les prochains jours, voire dès le retour des parlementaires lundi après la pause des célébrations de le 70e anniversaire du règne d’Elizabeth II.

“Je pense que (les conservateurs) se dirigent vers un vote la semaine prochaine ou fin juin”, a déclaré William Hague, ancien chef de la diplomatie, à Times Radio. “Beaucoup ont interprété les événements de la semaine dernière comme la fin des problèmes et que Boris est en sécurité, mais ce n’est pas l’humeur du Parti conservateur”, a ajouté Hague, le chef du parti en 1997 et 2001.

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Un rapport condamné

Le reportage de Sue Gray, haut fonctionnaire, est une plongée brutale dans les festivités organisées à Downing Street pendant les confinements, synonymes de grands sacrifices pour les Britanniques. Il détaille une série de pots très alcoolisés – voire des vomissements – avec altercations, musique, sortie par la porte de derrière au petit matin et manque de respect aux agents de sécurité ou d’entretien.

Boris Johnson, lui-même passible d’une amende – du jamais vu pour un Premier ministre en exercice – dit avoir assumé “l’entière responsabilité de tout ce qui s’est passé”, mais estime qu’il doit “poursuivre” son travail.

Revers des conservateurs

Deux députés ont rejoint mardi les rangs de ses détracteurs : l’ex-ministre Andrea Leadsom, qui a dénoncé des “fautes de leadership inacceptables”, et John Stevenson. Le scandale a longtemps affecté la popularité de Boris Johnson, provoquant de sérieux revers pour les conservateurs lors d’une élection locale début mai. Il est resté particulièrement important dans la réponse occidentale à l’invasion russe de l’Ukraine. Deux élections partielles sont prévues le 23 juin, prochaine date susceptible de relancer la révolte contre le chef du gouvernement.

S’il est battu par une motion de censure, des élections internes au parti seront organisées pour désigner un nouveau chef. S’il survit, il ne pourra pas être expulsé pendant un an. Il ne quitterait pas les affaires puisqu’une enquête parlementaire doit déterminer maintenant, à l’automne, s’il a menti au Parlement, ce qui pourrait le pousser à démissionner.

Longtemps considéré comme une machine à gagner des élections, le champion du Brexit Boris Johnson ressemble de plus en plus à une fleur après le “partygate”, mais aussi dans un contexte de chute historique du pouvoir d’achat des Britanniques.


Un récent sondage de l’institut YouGov laisse entendre qu’aux élections législatives en cours, les conservateurs, au pouvoir depuis 12 ans, perdraient quasiment toutes les circonscriptions des régions populaires confisquées aux travaillistes en 2019, y compris celle du Labour Boris Johnson en 2019. banlieue de Londres. En revanche, il n’y a pas de successeur évident, de quoi inciter certains élus à se retirer avant de se lancer dans une élection interne.

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