Les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et le désintérêt structurel ont pénalisé les soldes d’été, estiment les professionnels dans un premier bilan. Certains appellent à la réforme tandis que d’autres restent attachés à ce temps de consommation.
“Parce qu’il y a des réductions tout au long de l’année, nous attendons moins sur les ventes.” Comme Mélanie, 32 ans, social media manager dans une banque, qui a pourtant poussé les portes de certains magasins avant de partir en vacances, les clients semblent las des soldes.
La période reste, bien sûr, un haut point de consommation en France : “Les périodes de soldes génèrent des ventes plus élevées que les périodes sans soldes”, a déclaré à l’AFP Sophie Brenot, présidente de la Fédération des détaillants en maroquinerie. Mais année après année, il perd de l’intérêt aux yeux des acheteurs. En Ile-de-France, Mélanie “déteste le shopping” et n’y va que “quand elle a un objectif précis, elle a besoin d’une robe par exemple”. Alors qu’après avoir tourné chez Promod, H&M ou Pull & Bear, il avait “tout acheté sauf une robe”. Seule condition, explique-t-il : que les vêtements “soient très bien vendus”.
Un très mauvais départ
La recherche de bonnes affaires est d’autant plus importante cette année que la question du pouvoir d’achat est devenue la principale préoccupation des Français, dans un contexte d’inflation qui ne s’était pas vu depuis plus de 30 ans. “On peut se demander s’il y aurait un effet inattendu avec la recherche de prix bas, mais cela ne s’est pas produit”, note Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM). “Il n’y a pas eu de bonnes surprises”, poursuit-il. Lorsque vous avez un marché qui n’est pas dynamique, les ventes ne font pas exception. L’IFM a interrogé des professionnels dans les quinze premiers jours de la période des soldes, qui donnent généralement le « el », et les résultats sont une baisse moyenne des ventes de 4,5 % par rapport à l’année précédente.
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L’Alliance commerciale, qui regroupe les professionnels des grands magasins, de l’habillement et de la chaussure et avait alerté début juillet sur le “très mauvais démarrage” des soldes, a indiqué, par l’intermédiaire du panel d’une quarantaine de marques représentatives du marché de l’habillement. qu’il a réalisé avec Retail Int, une “légère amélioration” des ventes au cours de la troisième semaine de soldes. En comparaison, de son côté, avec la période pré-Covid, en 2019, son directeur général Yohann Petiot évoquait auprès de l’AFP une baisse de 13% des ventes. “La situation s’est un peu améliorée mais elle reste très décevante”, a-t-il dit, avec une forte baisse de fréquentation des magasins.
Le retour des touristes
La reprise du trafic aérien et du tourisme a toutefois fait des heureux : les grands magasins, “qui ont retrouvé une meilleure dynamique avec la reprise des voyages”, précise Gildas Minvielle. Et le secteur de la bagagerie, “qui en compensation des années du Covid a vraiment explosé”, assure Sophie Brenot. “On vend même des bagages qui ne sont pas à vendre parce que les gens veulent les équiper.”
Les ventes des stations thermales et des zones côtières restent également très dynamiques, selon les acteurs interrogés. Si les mauvais comportements de la période trouvent leur explication en partie dans des “difficultés de pouvoir d’achat” pour certains Français, avec un secteur “très fragile et très affecté par les changements de l’environnement économique” selon Gildas Minvielle, certains estiment que les ventes elles sont désormais largement obsolète.
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En juin, le trésorier de la Fédération nationale du Trésor (FNH), Stéphane Rodier, a appelé à une “réflexion globale” pour faire émerger “des solutions viables qui ne nous font pas consommer pour la consommation”, jugeant le modèle de vente “du tout”. le tout écologique ». Un point de vue que tout le monde ne partage pas. Les ventes “ne sont plus ce qu’elles étaient mais ont le mérite d’exister et sont réglementées, j’ai peur que si on ne les retire pas, cela puisse encourager un peu de bêtises…”, estime Sophie Brenot, de la Fédération de la maroquinerie.