Sur France 2, ce lundi 13 juin, Jean-Luc Mélenchon a appelé à “pas des torches trop en colère” pour voter pour les candidats de l’alliance Nupes au lieu de choisir le RN. Le renversement d’une expression utilisée par le chef des Insoumis depuis 2012. Sur Twitter, l’ancien candidat à la présidentielle s’est excusé pour ce « lapsus ».
Il n’est pas passé inaperçu. Invité d’Anne-Sophie Lapix ce lundi sur France 2, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur les chances des Nupes de remporter le second tour des législatives. Pourtant, en voulant s’adresser aux électeurs du Mythe national, le leader des Insoumis a visiblement eu des problèmes de mots.
“S’il y a des fascistes qui ne sont pas trop en colère, il vaut mieux voter pour nous que de rester chez soi ou de voter pour Marine Le Pen, ça ne sert à rien”, a-t-il déclaré.
Cette inversion des propos d’un slogan, utilisé par l’ancien candidat à la présidentielle depuis 2012, n’est pas passée inaperçue en Macronie et a été rapidement reprise par le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Christophe Castaner.
“Ouais Al, ça me semble plutôt nul, on dirait que BT n’est pas pour moi non plus. Jean-Luc Mélenchon appelle les “torches” à voter pour lui. On avait vu l’ambiguïté. Maintenant, c’est une approche prise avec l’extrême droite”, a-t-il ajouté.
Oui, vous avez bien entendu. @JLMelenchon demande aux “torches” de voter pour lui.
On avait vu l’ambiguïté. C’est désormais une approche présumée de l’extrême droite.pic.twitter.com/UcW8kqRBhn
— Christophe Castaner (@CCastaner) 13 juin 2022
Jean-Luc Mélenchon évoque un « lapsus »
Pour sauver la situation, les Insoumis évoquent une “erreur humaine”. “Tout le monde connaît la phrase de Jean-Luc Mélenchon sur les colériques, pas les fascistes. C’est-à-dire des électeurs de Marine Le Pen qui ne sont pas d’accord avec les thèses ethniques ou identitaires de l’extrême droite mais qui pensent néanmoins que cela répondra à leur colère contre le social et tout le reste. Il n’a inversé que deux mots dans la phrase”, a déclaré mardi matin Adrien Quatennens à France Info.
Comment voulez-vous repousser l’extrême droite dans les urnes, à part persuader les gens de prendre une autre décision ? Madame #LePen ne pouvant avoir la majorité, la seule voix pour renverser le pouvoir macroniste est #NUPES. #8h30FranceInfo pic.twitter.com/NaB82DFW7F
— Adrien Quatennens (@AQuatennens) 14 juin 2022
Sur le réseau social de l’oiseau bleu, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur l’incident de la veille, ce mardi matin, évoquant un “lapsus” et se disant “désolé”.
“C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Pardon. J’ai fait appel à la colère pas aux torches. Pas l’inverse. Par conséquent, les valeurs actuelles et certaines autres ne sont pas affectées. En revanche, Castaner a dit toutes ses bêtises. Et il ne le regrette pas”, a-t-il tweeté.
C’était un lapsus. Pardon. J’ai fait appel à la colère pas aux torches. Pas l’inverse. Par conséquent, les valeurs actuelles et certaines autres ne sont pas affectées. En revanche, Castaner a dit toutes ses bêtises. Et il ne le regrette pas.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 14 juin 2022
Depuis les élections législatives de 2012, Jean-Luc Mélenchon a adopté cette formule en invitant les électeurs de Marine Le Pen à se joindre. Cette année-là, le chef des Insoumis avait demandé aux « non-fascistes en colère » de « se fâcher » contre lui. “Envoyez-moi à l’Assemblée nationale pour apporter votre colère”, a-t-il plaidé.
Lors de la campagne législative de 2017, il a de nouveau appelé les « relayeurs » à tourner le dos à Marine Le Pen. “Venez avec nous parce que nous défendons les employés et les autres”, a-t-il déclaré.