Sur une route près de Bordeaux en 2018. NICOLAS TUCAT / AFP
Ce n’est encore qu’une piste, une “réflexion personnelle d’un ministre”, dit-on à Matignon, mais les associations d’automobilistes crient déjà victoire. Mercredi 25 mai, l’entourage du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l’idée d’alléger les sanctions liées aux petits excès de vitesse. Le retrait d’un point de permis cesserait d’être automatique si la limitation de vitesse ne dépasse pas 5 km/h. L’amende, en revanche, serait maintenue. La mesure s’accompagnerait d’un renforcement de la lutte contre l’usurpation d’identité : lorsqu’un automobiliste prétend à tort ne pas conduire lors d’un crime.
“Enfin !”, 40 millions d’automobilistes accueillent l’association. Connectés”, veut-on croire dans l’entourage du ministre de l’Intérieur. “C’est une réflexion qui peut être étudiée”, confirme l’un de l’Elysée.
A un peu plus de quinze jours du premier tour des législatives, le 12 juin, ce geste envers les automobilistes déjà tourmentés par la hausse du prix des carburants peut être vu comme un nouveau tournant du chef de l’Etat. Une mesure “électoraliste” dénonce par coeur l’opposition. A moins que ce ne soit la preuve qu’Emmanuel Macron a “appris” ses cinq années au pouvoir, comme il l’affirmait quelques mois avant sa réélection.
Ne “faites pas transpirer les gens”
A son arrivée à l’Elysée, le chef de l’Etat avait à peine tenté de calmer les rouleurs en imposant, en 2018, la limitation de vitesse à 80 km/h, fixée par son premier ministre de l’époque, Edouard Philippe, et la taxe carbone. Prix du carburant. Deux insultes, selon les représentants des automobilistes à l’origine de la révolte des “gilets jaunes”, l’une des crises les plus fortes de son premier mandat. Mais une prise de position alors prise au nom de la sécurité routière et de la protection de l’environnement, qui s’est traduite par les propos du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, punissant – s’en prenant à son adversaire républicain (LR) Laurent Wauquiez – “les garçons qui fument la cigarette”. et qu’ils roulent au diesel ».
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Taxé avec arrogance, le chef de l’Etat semble désormais conscient que les personnes les plus pénalisées par ces retraits de points sont les modestes foyers d’une France rurale et périphérique si souvent oubliée des Parisiens. “Le but n’est pas de faire suer les gens mais d’être efficace. Nous mobilisons nos forces contre ceux qui gâchent la vie des gens, conduisent comme des fous, font des détours urbains ou manquent de respect aux cyclistes. Mais on ne dérange pas les gens ordinaires qui ont un moment d’inattention », a déclaré Sacha Houlié, député viennois du parti présidentiel La République en marche (LRM), candidat à sa réélection.
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