Apparue depuis fin mai dernier, la variole du singe intrigue voire inquiète. L’affection, qui débute comme la grippe et se termine par une poussée de pustules, reste “aussi rare que bénigne”, rassure le Dr Jean-Paul Ortiz, récemment retraité de la néphrologie privée de Perpignan et de la Confédération des syndicats. .
Le docteur Jean-Paul Ortiz, monkeypox, aussi connu sous le nom de Monkeypox, s’avère être le nouveau virus à ADN qui inquiète le monde : comprenez-vous ces craintes d’une éventuelle nouvelle pandémie ?
Honnêtement, je suis très surpris. Comme tous les professionnels de santé, je reçois depuis le 15 mai une alerte de la “DGS”, c’est-à-dire des communications urgentes du Ministère de la Santé à propos de ce virus, mais il n’y a vraiment aucune raison de paniquer dans les populations. Selon les derniers chiffres, la France compte seize cas, dont deux en Occitanie, on est loin d’une vague épidémique comme on en a connu avec le Covid. Je comprends que puisque les problèmes viraux du Coronavirus aggravent les gens, cependant, pour le monkeypox, c’est très disproportionné par rapport aux risques potentiels et au nombre de cas.
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Chez nos voisins espagnols, la propagation du Monkeypox semble plus rapide, est-ce une réalité ?
Je ne pense pas. L’Espagne compte aujourd’hui plus d’une centaine de patients, mais parce que la maladie est partie d’un cluster à Madrid. Sinon, le virus est originaire du Nigéria et maintenant nous commençons à avoir des cas partout en Europe, aux États-Unis et en Australie, chez des personnes qui ne sont pas allées au Nigéria et qui n’ont pas été en contact avec des personnes de ce pays. C’est ce qui rend la variole du singe bizarre et alarmante.
La variole se transmet principalement aux hommes par voie sexuelle, comment nous sommes-nous sentis au début ?
Comme toujours, lors de toutes transmissions virales, il y a un point de passage. En l’occurrence, il s’agissait d’un rapport sexuel avant que la contamination ne se propage par divers contacts cutanés, viande contaminée, gouttes respiratoires à proximité, vêtements infectés… D’où l’intérêt d’isoler les patients atteints et de désinfecter les objets et matériels en contact avec les lésions cutanées.
Pustules sur les paumes, la plante des pieds et les organes génitaux
Sur quels symptômes dois-je vous alerter ?
Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires pouvant ressembler au syndrome grippal. Ensuite, et c’est typique de cette variole, il y a une éruption en une seule poussée qui évolue en macules, puis en papules, en vésicules, et enfin en pustules, ces boutons qui deviennent purulents et laissent de petites cicatrices disgracieuses. Le développement de cette variole est identique à celui de la varicelle.
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Alors, la varicelle et la varicelle sont-elles très similaires ?
A une différence près : la variole du singe touche de préférence les organes génitaux, la paume des mains et la plante des pieds. Cependant, ces deux dernières régions sont toujours épargnées par la varicelle. Il est très important pour les médecins, d’un point de vue sémiologique, d’établir le plus tôt possible une suspicion de diagnostic. A confirmer par des tests et prises de sang dans les centres de référence.
Existe-t-il des cas graves de cette condition?
Non seulement les cas sont rares, mais la grande majorité sont bénins, sauf chez les personnes immunodéprimées et peut-être chez les jeunes enfants en Afrique australe.
Brigitte Bourguignon, la nouvelle ministre de la Santé, rencontrera-t-elle lundi ses homologues européens pour définir une stratégie commune à adopter ? Quelles recommandations pourraient être recommandées ?
Bien sûr, il faut adopter une stratégie commune car ce Monkeypox est un virus sensible à 80% au vaccin injecté pour se protéger de la variole. Cependant, cette vaccination contre la variole n’est plus obligatoire depuis 1979, donc toutes les personnes de moins de 50 ans ne sont pas vaccinées. Ainsi, la discussion d’aujourd’hui porte sur l’opportunité de vacciner les immunodéprimés ou ceux qui ont besoin d’être protégés avec le sérum antivariolique classique de troisième génération. Il y aura probablement quelques dizaines à centaines de milliers de personnes en France. Nous sommes face à un phénomène limité. Ne pas paniquer.
Comment traite-t-on la variole du singe ?
En général, nous recevons de l’isolement et du paracétamol sauf pour les formes sévères pour lesquelles nous disposons d’antiviraux. Il n’y a aucun danger que cette variole devienne un virus massif. La transmission n’a rien à voir avec la contagiosité du Covid.
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