Le témoignage du responsable international de la sécurité alimentaire de Nestlé entre 2000 et 2010 place l’entreprise en mauvaise posture. Il dénonce des faits extrêmement graves au sein de l’entreprise.
C’est un témoignage important que nos confrères de BFMTV ont pu obtenir. Suite au scandale de la pizza Buitoni, contaminée par la bactérie Escherichia coli (E. coli), un responsable de la sécurité alimentaire du groupe Nestlé révèle des pratiques de gestion et des routines quotidiennes contraires à l’éthique. Pour rappel, Nestlé est la maison mère de la marque Buitoni.
Une culture managériale particulière
Yasmine Motarjemi a ensuite été responsable de la sécurité alimentaire internationale au sein du groupe de 2000 à 2010. “Ils avaient lié la prime, la prime du manager, à des retraits de produits”, raconte-t-il. Concrètement, « si vous retirez un produit contaminé, un produit défectueux, vous ne toucherez pas votre prime ».
Vous ne comprenez pas l’entreprise
Le dirigeant a sillonné les usines Nestlé pendant dix ans à travers le monde. Il a témoigné qu’il avait averti ses supérieurs à de nombreuses reprises de problèmes de sécurité, sans succès. “J’étais dans une usine et j’ai posé une question : ‘Comment les travailleurs entrent-ils dans les toilettes avec leurs vêtements de travail ?'”
Une question très logique dans un contexte de sécurité sanitaire. Mais l’entreprise ne se ressemble pas. “Et là, c’est la foudre qui est tombée sur moi”, se souvient-il. “Pourquoi posez-vous cette question ? Vous ne comprenez pas le métier”, disaient-ils.
Yasmine Motarjemi a ensuite été licenciée en 2010 pour “différences d’opinion sur la sécurité alimentaire”, rapporte BFMTV. Un témoignage qui pourrait bien raviver la polémique sur les pratiques industrielles obscures de certains géants de l’agroalimentaire.