Le Collège des bourgmestres et conseillers de la commune de Schaerbeek a décidé mardi de demander à Cohezio, le service externe de prévention et de protection au travail, de mener une enquête sur les risques psychosociaux dans les services du budget et de l’instruction publique, dirigés par le conseiller Michel De Herde (DéFI). Celle-ci, pour rappel, fait l’objet d’une plainte déposée mi-mai par son confrère Sihame Haddioui (Ecolo) pour indécence et propos sexistes.
L’enquête qui sera menée par Cohezio devra déterminer si l’édile a pu avoir un comportement problématique envers le personnel, notamment féminin, de ces services. Une enquête longue et ardue. Si les effectifs du budget se comptent sur les doigts d’une main, le service de l’instruction publique, comprenant les fonctionnaires de l’Etat, mais aussi les enseignants, les éducateurs, le personnel d’entretien représente plus de 1000 personnes.
Comuna et Cohezio verront, ensuite, s’il faut durcir l’enquête sur les responsables ou l’étendre à d’autres départements comme ceux dirigés par Michel De Herde, conseiller municipal depuis 1995, lors des précédentes législatures (Prévention, Intégration, Sports, Espaces verts …) . Les conclusions de Cohezio ne doivent être finalisées que fin 2022. L’école pourrait demander à Michel De Herde de partir en congé, le temps que les investigations soient menées. Michel De Herde n’est pas obligé d’accepter.
De Herde dit craindre les faux témoignages
“Je continue à faire confiance à la justice”, a déclaré Michel De Herde, interrogé par la RTBF. “Quant à l’enquête sur les risques psychosociaux confiée à Cohezio, elle me semble juridiquement viciée. Pour le reste, je suis convaincu que seuls d’éventuels faux témoins pourraient sortir.”
Cette demande de l’école de Cohezio fait également suite à l’arrivée à la table de la maire sortante Cécile Jodogne (DéFi) de quatre rapports qui seraient aux commandes de Michel De Herde. Rapports mais tous anonymes. Deux sont indirects et diffusés par deux conseillers Ecolo. Aucune des “victimes” présumées n’a porté plainte, ni auprès de Cohezio, ni auprès de la police, ni auprès du parquet de Bruxelles. L’ouverture d’une enquête par Cohezio permettra, espèrent les plaignants, de fouiller ces quatre voies. Et si les faits communiqués ne relèvent finalement pas de l’infraction pénale, ils permettront d’analyser la qualité du bien-être général au travail au sein des services de l’édile.
Informations judiciaires
De son côté, le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire (pas une information judiciaire) et les enquêteurs ont déjà interrogé Sihame Haddioui. Il l’a partagé sur les réseaux sociaux.
Il continue d’exiger que l’école de Schaerbeek demande à Michel De Herde de le soutenir. Sans cela, il n’assistera pas encore aux réunions hebdomadaires de l’école ou du conseil municipal à la fin de chaque mois. Le 29 juin d’ailleurs, lors du dernier conseil municipal, il a préféré rejoindre un café de la place Colignon, le Boentjecafé pour « mettre de la musique et chanter ». […] “Parce que nos luttes sont joyeuses”, a-t-il écrit sur Instagram.
Sihame Haddioui, responsable de la culture et de l’égalité des chances et du genre, indique que son absence aux assemblées municipales est justifiée par le fait que « mon agresseur est présent sur mon lieu de travail ».
Le 1er juin, lors de la première mairie suivant l’annonce du dépôt de plainte, un rassemblement d’associations féministes de soutien à Sihame Haddioui a été organisé devant la mairie. Le collectif les sousentendu.es a également été reçu par le maire le 23 juin.