Plus de 200 personnes arrêtées lors de la marche des fiertés à Istanbul

La police turque s’est une nouvelle fois fondue dans la Marche des fiertés LGBTQ+ à Istanbul, arrêtant sans pitié plus de 200 personnes, militants et journalistes, dont un photographe de l’AFP. Avant même le début du rassemblement, la police anti-émeute a pris d’assaut plusieurs bars du quartier de Cihangir autour de l’emblématique place Taksim et a arrêté des personnes “au hasard”, dont des journalistes et des militants LGBTQ+, a rapporté l’AFP.

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Comme chaque année, la marche des fiertés avait été officiellement interdite par le gouverneur de la ville, mais des centaines de manifestants brandissant des drapeaux arc-en-ciel se sont rassemblés dans les rues adjacentes à la place Taksim, totalement fermée au public. Les manifestants ont alors scandé “Le futur est bizarre”, “Tu ne seras jamais seul” ou encore “On est là, on est pédé, on n’ira nulle part ailleurs”, les manifestants ont ensuite défilé pendant un peu plus d’une heure dans les rues de Cihangir. quartier, avec le soutien des voisins accrochés aux fenêtres.

Les détenus ont été emmenés dans deux bus de police vers le commissariat principal de la ville, a constaté un vidéaste de l’AFP.

“Nous défendons nos droits”

L’ONG Kaos GL, qui milite pour la promotion et la protection des personnes LGBTQ+, a dénombré “52 interpellations”, a rapporté Amnesty International, appelant à sa “libération inconditionnelle et immédiate” sur Twitter. “Ils essaient de nous interdire, de nous empêcher, de nous discriminer et même de nous tuer à chaque minute de notre existence”, a déclaré à l’AFP Diren, 22 ans.

“Mais aujourd’hui, c’est l’occasion de défendre nos droits, de crier qu’on existe : on n’arrête jamais les pédés”, ajoute Diren, utilisant le terme pour désigner toute forme d’altersexualité et réfuter la définition biologique du genre. Selon plusieurs témoins, la police a tenté d’empêcher la presse de filmer les arrestations. Bülent Kilic, photographe de l’AFP expérimenté et primé, familier des zones de conflit, a été menotté dans le dos, s’est fait arracher son T-shirt et a été chargé avec d’autres personnes dans un fourgon de police. Il avait déjà été arrêté l’année dernière dans les mêmes circonstances.

Après un défilé spectaculaire en 2014 de plus de 100 000 personnes à Istanbul, les autorités turques ont interdit année après année la marche des fiertés, officiellement pour des raisons de sécurité. Vendredi, la commissaire européenne aux droits de l’homme, Dunja Mijatovic, a appelé “les autorités d’Istanbul à lever l’interdiction actuelle de la marche des fiertés et à assurer la sécurité des manifestants pacifiques”. “Les droits humains des personnes LGBT en Turquie doivent être protégés”, a-t-il ajouté, appelant à “la fin de (leur) stigmatisation”.

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L’homosexualité, dépénalisée en Turquie depuis le milieu du XIXe siècle (1858), n’est pas interdite, mais reste largement sujette à la disgrâce sociale et à l’hostilité du parti islamo-conservateur, l’AKP, et du gouvernement du président Recep Tayyip. Erdoğan. Un ministre a un jour qualifié les homosexuels de “fous”.

En 2020, la plateforme Neftlix avait été contrainte d’abandonner la production d’une série en Turquie car elle mettait en scène un personnage gay et n’avait pas reçu le feu vert des autorités. Cette même année, la marque française de vêtements et vêtements de sport Decathlon avait fait l’objet d’appels au boycott en Turquie pour avoir véhiculé des messages de soutien et de tolérance aux communautés LGBTQ+ dans ses campagnes.

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