Le président Emmanuel Macron visite le parc éolien offshore de Saint-Nazaire sur la presqu’île de Guérande en Loire-Atlantique le 22 septembre 2022 (PISCINA / STEPHANE MAHE)
Emmanuel Macron a annoncé jeudi vouloir “aller deux fois plus vite” dans le déploiement des énergies renouvelables et accélérer le lancement de nouveaux réacteurs nucléaires, lors de l’inauguration du premier parc éolien offshore de France à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
“Happy day, glorious day!”, a-t-il lancé après avoir découvert depuis un bateau le champ de 80 éoliennes, déployées entre 12 et 20 km des côtes, qui produiront de l’électricité pour 700.000 personnes.
“Mais tout cela se passe à un moment compliqué et ça prend encore trop de temps”, a-t-il dit, évoquant la hausse des prix de l’énergie et les risques de pénuries induits par la guerre en Ukraine, qui nécessite plus que jamais une “diversification”.
Pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, “il faut produire plus d’électricité”, “40% de plus d’ici 2050”, a-t-il dit. La France devra aller “au moins deux fois plus vite” dans les projets d’énergies renouvelables, éolien et solaire notamment, a souligné le chef de l’Etat.
Cette accélération doit passer par une réduction de « trois à six mois » des « délais des consultations publiques et des autorisations gouvernementales », a-t-il expliqué.
Les délais de contentieux doivent également être réduits à un maximum de deux ans et demi, contre quatre ans actuellement, a-t-il souligné. “Il faut créer un consensus d’entrée et essayer de bloquer la ressource dilatoire”, a-t-il insisté.
Aujourd’hui, il faut en moyenne dix ans pour qu’un site offshore soit opérationnel en France, contre cinq en Allemagne, six au Royaume-Uni. Quant à l’éolien terrestre, il est de sept ans, soit deux fois plus qu’en Espagne ou en Allemagne, et le photovoltaïque ne fait guère mieux.
Ces mesures seront inscrites dans le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables qui sera présenté lundi en Conseil des ministres, ainsi que dans les décrets et amendements du gouvernement.
– L’éolien terrestre aussi –
Carte des installations éoliennes offshore existantes et prévues en France, avec des détails clés sur la production, la date de livraison ( AFP / )
Le 10 février à Belfort, Emmanuel Macron s’est fixé l’objectif d’installer cinquante parcs éoliens offshore en France d’ici 2050 d’une capacité de 40 gigawatts.
A ce jour, sept parcs ont été attribués à des exploitants, mais la réalisation des projets est freinée par de nombreux appels d’offres, et la France accuse un retard par rapport aux pays voisins.
Après Saint-Nazaire, la construction débute à Saint-Brieuc, sujet à des frictions avec les pêcheurs, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. A Oléron, des moyens ont été présentés pour reporter le projet plus au large.
“Il va falloir faire de l’éolien à terre”, a-t-il aussi reconnu après avoir annoncé à Belfort le doublement de sa capacité non pas en 10 mais en 30 ans.
“L’énergie éolienne terrestre est concentrée sur très peu de territoires”, a-t-il déploré, et demandé “d’ouvrir le jeu” dans ce domaine.
Parmi les pistes de développement solaire, le chef de l’Etat a évoqué “la libération de terrains” pour installer davantage de panneaux sur les friches, citant les bords des routes et des voies ferrées, mais aussi certaines terres agricoles avec l’agrovoltaisme.
Sur le nucléaire, “l’approche sera la même”, il faut “aller beaucoup plus vite” “en simplifiant les choses”, a insisté Emmanuel Macron.
– “Nous n’avons pas investi” –
A Belfort, le chef de l’Etat a également annoncé la réactivation du nucléaire avec la construction de six réacteurs EPR2 en 2035. Un audit publié en février évoquait l’horizon de 2037 pour la première mise en service.
S’agissant des énergies renouvelables, un texte de loi permettra “d’adapter les procédures existantes en matière d’urbanisme pour favoriser l’urbanisation des premiers sites identifiés” et de lancer “le programme maintenant pour ne pas perdre de temps”, a-t-il précisé. . souligné.
Emmanuel Macron a également promis un meilleur “partage de la valeur” des projets renouvelables avec les collectivités locales et les habitants, qui concerneront principalement les éoliennes offshore, souvent contestées.
Jean-louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), a célébré un “discours tonique” et le “besoin de l’éolien terrestre” encore proposé par le chef de l’Etat.
Pour Amandine Lebreton, directrice de plaidoyer de la Fondation pour la Nature et l’Homme, en revanche, “il n’est pas vrai de dire que le retard est dû à des blocages locaux ou administratifs”. “Nous n’avons pas investi”, dit-il.
Devant le chef de l’Etat, Jean-Christophe Gavalet, président de France Nature Environnement, a mis en garde contre une consultation publique trop limitée qui serait totalement “contre-productive” selon lui. “On va aboutir à une radicalisation des positions”, avec le risque de réactions “plus violentes”, a-t-il prévenu.