Ils ont tous cru avoir laissé derrière eux les plus stressants en passant les tests antigéniques que les organisateurs de la Grande Boucle ont fait faire dimanche soir et lundi matin selon le protocole établi par l’Union cycliste internationale (UCI). Cependant, cela ne leur assurait en rien qu’ils n’avaient pas le Covid quelques heures plus tard, une fois que les équipes avaient repris le contrôle de ces tests.
Si l’ASO avait fièrement annoncé lundi matin qu’aucun membre du peloton n’avait été testé positif, deux coureurs de l’équipe maillot jaune se sont réveillés le lendemain avec des symptômes. Est-ce à dire que la société organisatrice du Tour s’en remet aux différentes formations impliquées pour exclure toute contagion ?
Pourtant, ce mardi, avant le départ de Morzine, l’UAE Team Emirates a annoncé que George Bennett et Rafal Majka étaient positifs. Si le premier est sorti de l’événement avec effet immédiat, le second est toujours en vigueur. Les experts des soins intensifs ont en effet jugé que la charge virale du grimpeur polonais était insuffisante pour qu’il soit infecté.
Il a donc pu aider Tadej Pogacar dans les différentes passes de la journée. Mais l’ambiance au sein du groupe maillot jaune n’est plus aussi bonne malgré la maîtrise sportive du Slovène. Ce dernier est sur ses gardes et sait qu’il pourrait tout perdre à cause du virus.
“On est tout le temps assez isolés. Au sein de l’équipe, on prend nos précautions et, en plus, chacun dort dans une chambre différente.Il a dit. Mais il est impossible de ne pas prendre de risques. Nous avons déjà passé beaucoup de temps en contact étroit avec les autres coureurs pendant la course. Et puis nous roulons souvent très près de nombreux spectateurs bondés au bord des routes. C’est vraiment dommage qu’un gars de plus ait dû quitter le Tour. Mais Jordi (Bennett) et Estaca (Laengen Vegard) ils étaient des cibles à haut risque car ils n’avaient pas encore eu le Covid. J’espère que ça s’arrêtera maintenant.”
Si l’on peut logiquement se demander ce qui se passerait si Pogacar contractait le virus, c’est sans équivoque. “Si je l’ai, je me retire de la course et je rentre chez moi. J’ai le maillot jaune ou pas.”
Au sein de l’équipe émiratie, il faut retenir son souffle et aussi espérer ne plus perdre de forces vitales. Sportivement, l’UAE Team Emirates pourrait bientôt manquer de ressources pour soutenir Pogacar. Aux départs de Bennett et Laengen Vegard s’ajoutent la mauvaise forme persistante de Marc Hirschi. Le Suisse traîne sa misère à l’arrière du groupe en raison de problèmes de genoux. Pour le moment, cela ne sert à rien pour Pogacar. Ce dernier ne peut donc plus compter sur plus de quatre équipiers : Mikkel Bjerg, Rafal Majka, Brandon McNulty et Marc Soler.
Jumbo-Visma et Ineos sont prêts
L’un ou l’autre ne doit pas baisser les bras car il pourrait faire les affaires des marines Jumbo-Visma et Ineos Granadiers. Les ogres hollandais et britanniques peuvent compter sur un collectif très impressionnant et deux leaders. Alors que Vingaard et Roglic d’un côté et Thomas et Yates de l’autre ont accepté d’attaquer à tour de rôle, Pogacar pourrait rapidement se retrouver isolé. Dans le peloton et au sein de son équipe.
Les organisateurs serrent la vis dans le paddock
Face à la recrudescence des cas de Covid dans le peloton, les organisateurs ont annoncé mardi une importante restriction d’accès au paddock des équipes. “Pour lutter encore plus efficacement contre le virus”, la direction de course a décidé de revenir à une « bulle d’équipe » dans les zones de bus. Désormais, les journalistes et les invités ne pourront plus y accéder. “Seuls les représentants de l’Union Cycliste Internationale (jurés, commissaires, agents antidopage), le personnel des équipes et le personnel de l’organisation qui encadre les équipes y auront accès.” dit l’organisation.
Pour rappel, cinq coureurs ont dû quitter le Tour pour cause de Covid depuis le départ à Copenhague.
“Abandonner le maillot n’aurait pas été un drame”
Tadej Pogacar tient le maillot jaune pendant 11 secondes, mais cela ne change rien.
Pendant 11 secondes, Tadej Pogacar s’est finalement retrouvé avec son tee-shirt jaune qu’il portera ce mercredi, lors de la première étape de grande montagne, pour la cinquième fois depuis qu’il a pris le pouvoir à Longwy, la 21e, déjà en trois ans. Alors qu’il effectuait un stage d’altitude, début juin, avec ses coéquipiers à Livigno, le Slovène est venu réaliser avec ses coéquipiers la reconnaissance des trois étapes alpines et notamment des deux suivantes. Il sait ce qui l’attend.
“Ce sera l’une des principales étapes”explique-t-il, avant d’aborder ce qui s’était passé en direction de Megève. « Peut-être avons-nous décidé un peu trop tard de laisser le maillot à Kämna. C’est un grand coureur pour le classement, mais avec toute l’énergie qu’il a dépensée pour rester devant, nous aurions pu lui laisser le maillot encore quelques secondes. . Ça aurait pu nous aider.
Au départ de l’étape suivante, car on ne voit pas comment l’Allemand aurait pu maintenir une faible avance sur le parcours proposé mercredi. “Ça n’aurait pas été une tragédie si j’avais abandonnéil a continué. Mais je suis content de le garder.”
Le numéro 1 mondial espère bien sûr se faire attaquer vers le Granon, comme cela s’est produit au début de l’étape. “J’ai dû y aller un momentIl a dit. Je ne savais pas que Roglic était en fuite. Tous les coureurs ne sont pas vus et il y en avait tellement. Sagan m’a dit : ‘Aller aller!’ J’ai pédalé quelques fois et je suis revenu.”