Pour le parquet national antiterroriste, “on ne peut pas exclure une action” visant la France depuis l’étranger

Sur BFMTV, le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, met en garde contre une éventuelle action menée depuis l’extérieur du territoire français, alors que le procès pour l’attentat de Nice s’ouvrira lundi.

La plus grande menace terroriste ? Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste, alerte ce vendredi, sur BFMTV, d’une menace terroriste extérieure sur le territoire français.

“On ne peut pas exclure une action projetée (ndlr externe), c’est-à-dire des actions menées par des individus des zones d’action terroriste, notamment la zone irako-syrienne”, estime-t-il.

La menace grandit, selon le procureur qui précise : “Peut-être que je ne l’aurais pas dit il y a deux ans.”

“Depuis deux ans, on a pu voir comment l’État islamique reconstituait certaines poches”, explique-t-il, évoquant notamment l’attaque jihadiste menée contre une prison à Hassaké, en Syrie, qui avait fait 373 morts en janvier dernier.

Signes inquiétants

Pour expliquer cette inquiétude, le procureur évoque plusieurs signes dont l’existence de personnes ayant combattu dans la zone irako-syrienne qui parviennent à rentrer en Europe par leurs propres moyens. Aucun n’a été détecté en France, mais certains d’entre eux ont atteint l’Allemagne.

Depuis deux ou trois ans, la DGSI reçoit aussi de plus en plus de signalements de sources humaines leur disant que les cellules tentent d’attaquer l’Europe.

La propagande du groupe État islamique est également en hausse depuis deux ans.

“Soyez réaliste” sur le risque d’attentats terroristes à répétition

Le procureur antiterroriste insiste sur les difficultés de réinsertion des personnes déjà condamnées pour des actes terroristes.

“Nous sommes dans un terrorisme idéologique. Et par conséquent, il serait très naïf de croire que la grande majorité de ceux qui ont été condamnés pour des actes terroristes de type djihadiste ont aujourd’hui abandonné leur idéologie. Même nous constatons souvent qu’ils n’ont pas perdu. certaines de ses convictions », explique-t-il.

S’il évoque un “suivi administratif” et “judiciaire” pour tenter d’éviter les récidives, Jean-François Ricard prévient : “il faut être réaliste” face à ce risque.

“C’est un vrai problème, il ne faut certainement pas le nier”, prévient-il.

Lundi prochain, le procès de l’attentat au camion bélier de la Promenade des Anglais à Nice qui a fait 86 morts en 2016 s’ouvrira à Paris.

Cécile Ollivier, avec Juliette Desmonceaux

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