Pour « se passer du gaz russe », Emmanuel Macron prépare les esprits à la sobriété énergétique

Les Français vont pouvoir passer un été en apparence calme, même s’ils sont déjà prévenus : la rentrée s’annonce sous le signe de la “chasse au gaspillage énergétique”. Alors que la guerre en Ukraine « dure » et que les pénuries de gaz se profilent en Europe, l’État commencera cet été à préparer un « plan de sobriété énergétique », a prévenu Emmanuel Macron lors de son allocution du 14 juillet afin de « « passer le pic de l’hiver ».

“La Russie utilise l’énergie comme une arme de guerre”, a-t-il prévenu, ajoutant que dans ce contexte, la France, bien que moins dépendante que certains de ses voisins européens, devrait, désormais, “se préparer à un scénario où nous devons nous passer de la Russie”. » Si le pays a déjà commencé à augmenter ses approvisionnements auprès d’autres partenaires commerciaux – Norvège, Qatar, Algérie et États-Unis notamment – ​​et que les stocks sont en bonne voie pour atteindre un objectif de 100 % cet automne, cette diversification ne sera pas de quoi assurer les prochains hivers calmes sans coupures de courant.

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Afin de réduire les besoins en gaz et en électricité, Emmanuel Macron appelle pour la première fois à un changement de comportement. Comment? Allant à la fois « par exemple et par responsabilité », a-t-il insisté, invitant les administrations publiques et toutes les entreprises qui peuvent consommer moins, par exemple à faire attention à l’éclairage du soir. “Je crois à la responsabilité collective”, a martelé le président, qui s’est montré peu clair sur les limites qui pourraient accompagner ces incitations à consommer moins. Avant de préciser que ce plan nécessitera « d’organiser nos vies différemment et [de] favoriser un lissage des pics de consommation qui mettent en tension les réseaux énergétiques ».

Ces déclarations du 14 juillet sonnent autant comme un appel à la mobilisation générale qu’un moyen de préparer les esprits. Déjà le 23 juin, Elisabeth Borne, la Première ministre, et Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, annonçaient la marche à suivre. Il s’agit de “réduire la consommation d’énergie de 10% en deux ans par rapport à 2019”. A cet effet, le gouvernement a mis en place trois groupes de travail dans l’administration, les commerces et les établissements recevant du public dans le but d’établir des mesures pour atteindre cet objectif.

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Fissure

Malgré l’urgence climatique, la France n’avance pas dans la réflexion. En Allemagne, par exemple, le Bundestag a récemment voté en faveur d’un plan d’économies, qui consiste, entre autres mesures concrètes, à limiter le chauffage à 20°C en hiver dans les bureaux individuels. Dans son discours, Emmanuel Macron a justifié ce décalage par une moindre dépendance hexagonale aux énergies fossiles russes. Au sein des oppositions, cependant, comme dans la sphère patronale, l’impatience se fait déjà sentir.

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