Pourquoi la finale de la Ligue des champions est devenue un gâchis

Après leur avoir reproché d’être en retard, puis de s’être rebellée, l’UEFA a accusé les supporters d’utiliser de faux billets pour entrer au Stade de France. Il a dénoncé l’afflux de milliers de spectateurs munis de billets contrefaits, qui ont encombré les tourniquets et bloqué l’accès. Une source proche du gouvernement a fait valoir dimanche qu’il s’agissait “d’un problème sportif plutôt que sécuritaire” causé par ces “milliers de billets contrefaits”.

“Il y avait beaucoup de faux billets”, reconnaît une source proche de l’organisation. Il y a eu des billets “blockchain” (authentifiés numériquement, ndlr) Mais l’UEFA a cédé à la demande de Liverpool “de demander 20 000 billets papier”, et il y a eu “des photocopies, des imitations grossières, ‘très bien faites'”. foules, on a donné des réponses », a indiqué une source policière, alors que 105 personnes ont été interpellées.

Pour Pierre Barthélemy, avocat de divers groupes de supporters français, présent aux abords du stade en tant qu’observateur de l’association Football Supporters Europe (ESF), dont il est membre du conseil d’administration, l’argument des « billets contrefaits » est juste un prétexte pour cacher la mauvaise gestion du flux de supporters.

« Le premier prétexte était une prétendue arrivée tardive des supporters de Liverpool. Mais il n’y avait qu’à regarder les réseaux sociaux pour voir qu’ils étaient déjà bloqués en présélection quelques heures avant le départ. Les faux billets semblent être un argument opportuniste », dit-il au Parisien.

“Il y avait de faux billets et de faux identifiants, on en a vu quelques-uns, mais très marginalement. En une heure, à la porte Y, on a vu une dizaine de supporters dans cette affaire. Ils ont été immédiatement interpellés par la police. Nous avons également vu un certain nombre de ‘VIP’ essayer de passer avec de faux identifiants, mais ils ont été rapidement rejetés.”

Le défenseur de Liverpool Andy Robertson, par exemple, a rapporté après le match qu’un de ses proches, à qui on avait offert un vrai billet, s’était fait dire que son billet était faux. “Il était très mal organisé”, a puni l’Ecossais. Les fans ont également signalé des vols de billets.

Un grand meeting prévu au ministère des Sports

En fin d’après-midi, le ministère des Sports a finalement annoncé que ce lundi 30 mai à 11 heures une réunion sera organisée avec tous les acteurs de l’organisation au ministère. “Avec le ministre de l’Intérieur, nous déplorons les incidents qui ont émaillé la Ligue des champions samedi soir (28 mai 2022) au Stade de France et nous regrettons que certains supporters munis de billets n’aient pas pu assister au match”, explique-t-il. le communiqué de presse.

“La priorité désormais est d’identifier avec une grande précision les dysfonctionnements avec l’UEFA, la Fédération française de football, le Stade de France, la Préfecture de police de Paris, la Préfecture de Seine-Saint-Denis et la Mairie de Saint-Denis”. Le ministère dit également vouloir “tirer toutes les leçons pour éviter que ces incidents ne se reproduisent lors de nos futurs grands événements sportifs internationaux”.

Il faut généralement plus d’un an pour se préparer à un tel événement planétaire. Mais après l’invasion russe de l’Ukraine, la Fédération française de football (FFF) a retrouvé fin février l’organisation initialement confiée à Saint-Pétersbourg.

Et ce court laps de temps a peut-être pesé lourd, comme l’a laissé entendre vendredi le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, dans un entretien à l’AFP : “J’ai dit à mon équipe : ‘Ne me dis pas qu’il te faut un an ou deux, parce qu’on n’a que ‘Ce n’est pas facile'”. ,” il a dit.

Une source proche de l’exécutif a reconnu une mobilité insuffisante des forces de l’ordre, qui ont “réagi de manière excessive” aux événements festifs, sur fond de “préparation insuffisante” et de “sous-estimation du nombre de supporters”.

Certains fans anglais, venus en famille, se sont plaints d’être une cible. “Je suis enseignant, je n’ai jamais été aspergé de gaz lacrymogène. (…) La police m’a poussé contre la porte, je n’avais pas à le faire. Ils se sont comportés comme s’ils avaient une armée devant eux », s’est plaint Pete Blades, un professeur de français de 57 ans à Liverpool.

Sur Twitter, le journaliste de 20 Minutes Thibaut Chevillard cite un policier du Stade de France : « C’est un peu gênant pour la France car c’est mal géré. Ils nous ont mis en statique dans des endroits où nous ne bougeons pas. Et ça a pris une éternité pour déménager alors qu’il y avait besoin de gens ailleurs. » Selon la police, la communication entre les différentes unités du lieu était “un peu compliquée”.

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