Pourquoi la pensée intense fatigue notre cerveau

Temps de lecture : 2 min — Situé dans Scientific American

Après une longue journée de travail où les tâches cérébrales s’enchaînent, on peut parfois se sentir vidé de toute énergie. Comme écrit Diana Kwon dans le magazine Scientific American, dans des moments comme ceux-ci, “vous voulez probablement vous détendre devant une série au lieu de cocher une autre case sur votre liste de choses à faire.” Les conclusions d’une nouvelle étude clarifient les raisons biologiques de ce phénomène.

C’est une question à laquelle les scientifiques ont déjà tenté de répondre. Dans les années 2000, une étude qui vise à démontrer que de longues périodes de concentration pouvaient entraîner une réduction de la glycémie, on pensait donc que la consommation d’une boisson sucrée aidait à la faire démarrer. impulsion cérébrale. Mais selon Anthony Wiehler, chercheur en neurosciences cognitives à la Pitié-Salpêtrière, “si on regarde l’ensemble des études dans leur ensemble, il n’y a pas de lien avéré”. En effet, d’autres études n’a pas obtenu les mêmes résultats.

Puis, en 2016, raconte le journaliste, une étude menée à la Pitié-Salpêtrière et dirigée par Mathias Pessiglione a montré que de longues périodes d’activité mentale intense incitent les participants à l’étude à choisir une récompense immédiate (une somme d’argent moins importante maintenant que plus tard). Cela s’accompagne d’une baisse activité cérébrale dans le cortex préfrontal: zone du cerveau impliquée dans la prise de décision.

Pour comprendre un peu mieux ce phénomène, L’équipe de chercheurs de Pitié s’est à nouveau penchée sur cette question. Quarante personnes ont été emmenées dans un laboratoire et chargées d’effectuer des tâches répétitives mais mentalement intenses pendant un peu plus de six heures. Les participants ont été divisés en deux groupes, dont l’un avait des tâches encore plus difficiles à accomplir. À la fin de la journée, les membres des deux groupes ont signalé des niveaux de fatigue similaires, mais ceux qui se sont vu confier les tâches les plus complexes étaient plus susceptibles de choisir de rentrer chez eux avec une récompense immédiate, comme dans l’étude précédente.

Pour comprendre ce choix, les scientifiques ont mesuré les niveaux de neurotransmetteurs des participants. Ceux qui devaient effectuer les tâches les plus complexes avaient des niveaux plus élevés de concentration et de libération du neurotransmetteur glutamate dans le cortex préfrontal. Il est clair que plutôt qu’une diminution des ressources, la fatigue est due à une accumulation de substances chimiques dans le cerveau, comme une sorte de surcharge.

Selon le chercheur Matthieu Apps, un neuroscientifique de l’Université de Birmingham, qui n’a pas participé à l’étude, les résultats de cette étude pourraient conduire à d’autres découvertes. L’accumulation de glutamate pourrait en partie expliquer la fatigue ressentie par les personnes qui souffrent de burn-out, on pourrait aussi chercher une technique pour éviter cette accumulation et donc la fatigue qui l’accompagne.

Bien sûr, l’étude laisse également sans réponse plusieurs questions qui pourraient faire l’objet de recherches plus approfondies : Comment se débarrasser de cette accumulation ? Comment réagissent les autres parties du cerveau ? Quels sont les autres facteurs responsables de la fatigue ?

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