Question de Jean-Luc
Pourquoi la police ne pointe-t-elle pas les pneus en cas de danger ?
Bonjour Jean Luc,
Comme beaucoup d’observateurs, voire de journalistes, vous vous demandez pourquoi les policiers ou gendarmes ne visent pas les pneus des véhicules alors qu’ils mettent en danger les autres.
Des policiers en tenue anti-émeute ont pris d’assaut un rassemblement samedi, évacuant des centaines de manifestants par camion Des policiers en tenue anti-émeute ont pris d’assaut un rassemblement vendredi, évacuant des centaines de manifestants par camion.
Tirer sur les pneus du véhicule en question est-il la solution pour mettre fin au trouble à l’ordre public et prévenir de tels drames ?
“Pas d’effets et de risques”
Un gendarme formateur en techniques et sécurité en intervention (FTSI) a accepté de commenter cette proposition de tirer sur les pneus.
“Pour neutraliser une menace, tirer sur des pneus ne fait pas partie des exercices de tir tout simplement parce qu’il n’y a pas de démonstration de son utilité. C’est déjà difficile de tirer sur une cible statique, puis en mouvement…”, pointe-t-il d’emblée. . Bref, on n’est pas dans un jeu vidéo et la réalité impose des techniques de prise de vue bien particulières.
Selon lui, tirer des pneus n’a aucun effet effectif à l’instant T et peut même multiplier les risques. “Le véhicule continuera à rouler et les pneus concernés déstabiliseront le véhicule et conduiront avec perte de contrôle. Si le pneu se dégonfle ou explose, le véhicule est ingérable et présente un danger routier notamment pour les tiers et le conducteur.”
Elle n’exclut pas non plus les dommages collatéraux avec des rebonds dangereux.
“Cependant, le véhicule continuera à rouler sur les roues et ne s’arrêtera pas”, a précisé l’entraîneur de la Police nationale. « Nous avons deux tonnes d’acier contre une balle de 9 mm !
L’usage de l’arme réglementé par la loi
Qui aurait cru que tendre la main aux particuliers n’est pas la solution, un policier rappelle que l’usage de l’arme est strictement réglementé par le code pénal et le code de la sécurité intérieure en matière de légitime défense.
Ainsi, après l’attentat de Nice, le législateur, par la loi du 28 février 2017, a précisé à l’article L435-1 de la CSI que les policiers et gendarmes peuvent dans certains cas faire usage de leurs armes, en plus des conditions liées à maîtrise de soi. défense, en cas « d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée ».
C’est le cas, notamment, lorsque les forces de l’ordre “ne peuvent immobiliser, sauf par l’usage d’armes, des véhicules, des navires ou d’autres moyens de transport, dont les conducteurs n’obéissent pas à l’ordre de détention et dont les occupants sont susceptibles d’être détenus”. . ” , dans sa fuite, une atteinte à sa vie ou à son intégrité physique ou à celle d’autrui ».
C’est d’ailleurs le contrôle du respect de ces conditions cumulées qui permet aux magistrats arrêtés en cas de victimes (blessures ou décès) de constater – ou non – l’action dans le cadre de la légitime défense et d’annuler, le cas échéant , En traitement.
Pour Guillaume Farde, professeur à Sciences Po Paris et chercheur associé au CEVIPOF : “Ni les partis politiques ni les syndicats ne doivent dire si les conditions de la légitime défense sont réunies. C’est le rôle de la Justice (et d'”elle seule”)”. tous ceux qui pensent qu’il est possible de viser les pneus, la gendarmerie n’est pas Julie Lescaut”.