Devant la cour d’assises du Nord, l’une des victimes présumées de Dino Scala revient ravie de son agression sexuelle, se fiant aux séquelles psychologiques qu’il a entretenues, 31 ans plus tard.
“Je pensais avoir fait quelque chose de mal” “seulement au début du procès”, au contact des autres victimes.
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“Pour moi, j’étais coupable. A propos de quelque chose que je n’ai pas fait. Je me suis toujours demandé, pourquoi moi ? la cour d’assises du Nord.
“La culpabilité était là depuis longtemps, jusqu’à vendredi, l’ouverture du procès.” Mais après “huit autres femmes (…) je sais”, poursuit-elle, se retournant pour ne pas voir l’accusé. “Je ne suis plus coupable, je suis une victime.”
Cauchemars et traumatismes
« J’avais 19 ans, j’allais au lycée, se souvient Sylvie. Puis il titube, rampe, “Un individu m’a attrapé par derrière, m’a soulevé”, m’a traîné jusqu’à un garage, où “m’a plaqué contre le mur”. “Il m’a dit ‘ne bouge pas, j’ai un couteau'”. Déboutonnant mon manteau et ma chemise, “il m’a senti, jouant avec ma poitrine”. Alors qu’il s’enfuyait, il dit : « Il a dit : ‘Je te trouverai.’
“Je me tais”: “Je ne sors pas le soir, je n’ai pas les moyens de me payer un décolleté, des robes. Je porte toujours un foulard. Mon mari s’approche de moi, je sursaute, après 31 ans. Mes enfants, je ne peux pas les attraper, les embrasser, me bloquer. Elle parle de ses cauchemars “violents”, qui lui ont fait “couper ses placards, tordre les lumières la nuit”.
“Pourquoi ai-je fait ça ?”
“C’est moi, le coupable”, admet Dino Scala. Mais pourquoi, “il n’y a pas de réponse. Elle était là”, “une belle fille que je vois arriver.” “Cela aurait pu être quelqu’un d’autre.” “Pouvons-nous nous excuser auprès de cette dame? Va-t-il les accepter ? » tente le prévenu. En février, Sylvie ne répond pas. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Aujourd’hui, c’est encore pire”, a déclaré Dino Scala, qui fait face à des viols et des agressions sexuelles sur 56 victimes.
Puis il évoque son propre malaise : alors, « on se demande, pourquoi ai-je fait ça ? », on espère que ça se termine et puis ça recommence. J’y ai repensé il y a peu. “J’avais nié les agressions sexuelles de Véronique et Marianne, qui ont été agressées le même jour en 1988, à trente minutes d’intervalle et à 1,6 km de distance. Je n’ai aucun souvenir d’une agression là-bas.” “Deux attaques le même jour, ce n’est pas possible”, a-t-il déclaré.
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Le tribunal a également été confronté à l’effet du temps. Sur les 56 plaintes initiales, trois ont été perdues. D’autres sont concis, réduits à une demi-page. Au début, “tu ne parles pas (et) tu ne touches pas”, a-t-il lancé la défense à Véronique. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Il n’a pas été mentionné” par la police, a-t-il répondu. Interrogé par l’AFP, il a estimé que sa plainte avait été “prise rapidement”, sans “entrer dans les détails”.
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