Pouvoir d’achat : comment l’exécutif occupe le terrain en attendant les élections

Elisabeth Borne s’adresse aux journalistes après avoir rencontré le gouvernement pour définir les feuilles de route des ministres à l’hôtel Matignon à Paris le 27 mai 2022. EMMANUEL DUNAND / AFP

Parlez de remuer du sel dans mes blessures – d’oh! Depuis fin avril, ni ministre ni responsable politique de la majorité n’a fait son apparition, sans parler du pouvoir d’achat : « urgence » pour la première ministre Elisabeth Borne, « principale préoccupation » pour Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, ou “le premier défi de ce quinquennat” par Gabriel Attal, le nouveau sous-ministre des Comptes publics. Avec une inflation proche de 5% en avril, le pouvoir d’achat, qui a dominé l’élection présidentielle, est déjà au centre de la campagne courte pour les législatives des 12 et 19 juin.

Sondage après sondage, “l’enjeu écrase tout”, assure Frédéric Dabi, directeur général de l’opinion de l’IFOP, qui parle même d’une “obsession française”. Étonnamment, l’opposition a recommencé à occuper le terrain depuis quelques jours : en déplacement dans son fief d’Hénin-Beaumont (Pas de Calais) vendredi 27 mai, Marine Le Pen a relancé sa demande d'”expertise exceptionnelle”, notamment. groupes pétroliers pour “soutenir le pouvoir d’achat” des ménages. Deux jours plus tôt, c’est Jean-Luc Mélenchon qui présentait son plan de pouvoir d’achat “Robin des bois”, dans le cadre de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) : hausse du Smic et des retraites, revalorisation des salaires, blocage des besoins en prix de base, maîtrise des loyers.

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Dans ce contexte, l’exécutif entend passer à l’offensive, sans pouvoir faire avancer l’agenda législatif faute d’un Parlement en session. Les consultations avec les employeurs et les syndicats vous permettent de montrer une équipe en mouvement. “Le gouvernement gère le ministère de la parole”, poursuit Frédéric Dabi, qui voit même une “question de pouvoir d’achat” dans le processus d’assouplissement des sanctions contre les petits excès de vitesse. Il a toutefois souligné le décalage entre les déclarations quasi quotidiennes sur le sujet et l’absence d’actes concrets, avec le risque qu'”une certaine musique de l’inaction ne soit pas installée”.

Un catalogue bien connu

En fait, il est difficile d’agir sans le Parlement. Car le pouvoir d’achat doit faire l’objet non pas d’une, mais de deux lois après l’élection : une loi de finances rectificative, qui débloquera les crédits nécessaires, et un texte spécifique, qui pourrait inciter les entreprises à participer à l’effort en apportant un soutien aux salariés. Il n’y aura “ni oubliés ni angles morts”, a promis Elisabeth Borne, après avoir remis sa “feuille de route” à ses ministres. “Outre les retraités, les salariés, les indépendants, les fonctionnaires, j’ai demandé à mes ministres d’accorder une attention particulière aux étudiants”, a-t-il ajouté.

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