Les députés ne sont pas encore en vacances. Après quatre jours de débats houleux sur le projet de loi en faveur du pouvoir d’achat, l’Assemblée nationale a entamé, vendredi 22 juillet, une nouvelle course à haut risque, celle de l’examen du budget rectificatif incluant la suppression du taux à discuter. Samedi.
“Notre Assemblée est peut-être le bruit et la fureur”, mais “je propose que ce soit la lumière du mois d’août”, a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, en début d’après-midi des débats sur le deuxième volet du paquet de mesures pour faire face aux galops inflation. Après le vote en première partie peu avant 6h du matin vendredi, la Première ministre Elisabeth Borne s’est félicitée que “l’esprit de responsabilité” ait “gagné pour protéger nos concitoyens”. Le parti ne l’emporte pas pour le camp présidentiel, privé de majorité absolue.
Le projet de loi de finances rectificative pour 2022 prévoit le maintien de la subvention aux carburants et du bouclier tarifaire de l’énergie, la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, le financement de l’OPA pour renationaliser EDF et la suppression de la redevance audiovisuelle. “On part des préceptes du néolibéralisme. Il faut partir des besoins”, a immédiatement attaqué à la tribune l’insoumis Eric Coquerel, estimant qu’il faut lutter contre la “dette écologique”.
Les échanges devraient se poursuivre jusqu’à samedi soir, voire dimanche. Le gouvernement a déjà clarifié, au moins en partie, plusieurs questions. Si la pression s’accroît, même majoritairement, pour taxer les “super profits” des grands groupes, la pression s’est surtout faite sur TotalEnergies.
Le groupe pétrolier a opportunément annoncé une remise à la pompe de 20 centimes le litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, après 10 centimes le litre le reste de l’année. Mais la gauche et les membres de la majorité restent mécontents, estimant que le geste de Total était loin des “milliards” de super profits accumulés. Thierry Benoit (Groupe Horizons) a déclaré à la session qu’il était « reconnaissant[ait] le geste de Total” mais n’en est pas “satisfait[ait] non”.
Bruno Le Maire continue de viser “l’arnaque intellectuelle” de la gauche qui réclamerait des impôts à tout prix. “Aujourd’hui, nous avons des dizaines d’amendements présentés, ce qui signifierait des milliards d’euros d’impôts supplémentaires”, a-t-il déclaré.
“Une taxe n’a jamais amélioré la vie de nos compatriotes.”
Plus ouvert aux propositions de la droite, le ministre accepte une augmentation des aides de l’Etat, actuellement à 18 centimes le litre de carburant. Le soutien des Républicains est attendu pour approuver ce projet de budget sans avoir à compter sur les voix du RN.
Les députés ont déjà approuvé vendredi le relèvement du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires pour 2022, qui passe ainsi de 5.000 à 7.500 euros. Ils ont également donné leur feu vert à la possibilité pour les entreprises de racheter aux salariés les journées de RTT auxquelles ils auraient renoncé, le gouvernement ayant donné son accord à une demande de droit d’inclure une promesse de sa candidate à l’Élysée Valérie Pécresse. .
Les eurodéputés ont également voté le doublement des indemnités défiscalisées que les entreprises peuvent verser à leurs salariés pour couvrir leurs frais de carburant, faisant passer le plafond de 200 € à 400 €. Ils ont aussi validé une mesure favorable à la hausse des chèques restauration, anticipant la revalorisation des exonérations pour les employeurs.